Corriger un roman – Réviser le fond

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Pour ceux qui suivent [EC], vous aurez sans doute noté que je ne suis pas du genre à prendre ouvertement parti sur des sujets polémiques, je reste plutôt neutre. Je revendique ce droit. D’une part nous sommes sur des sujets d’ordre artistiques et je trouve naturel de ne pas avoir des avis tranchés à la hache. D’autre part, je suis un gars très ouvert d’esprit dans la vie courante. Dans cet article vous me verrez sous un nouveau jour. Je vais prendre parti, et pas qu’un peu ! Après tout, dans les lignes qui suivent, nous allons vraiment toucher le fond.

Toutes les illustrations qui suivent se feront avec un vrai roman, sorti en 2011 en tant que Thriller scientifico-ésotérique et best-seller francophone chez un grand éditeur. Nous utiliserons les conventions suivantes pour y faire référence :

  • Titre du roman = Le Vieil Artefact.
  • Auteur = Nikkos Brisant.
  • Éditeur = Mitch Bottom.

La phase de réécriture corrective du fond

Il est peut-être nécessaire de revenir sur des concepts de base : le FOND, c’est quoi ? Dans un roman, le « fond » regroupe tout ce qui a trait au récit lui-même, à l’histoire. Évidemment, le degré d’objectivité est plutôt réduit puisque l’on est dans l’ordre des idées. Il reste cependant quelques aspects 100 % objectifs concernant le fond et qu’il est CAPITAL de corriger – n’est-ce pas Nikkos ?

Le fond :

« Ce qui constitue le contenu, la matière, l’essence d’une œuvre, s’opposant à la forme. »

« L’idée et les thèmes que l’auteur développe dans son texte. »

  • Le sujet du texte, son propos ;
  • Les idées / thèmes principales/aux et secondaires qui y sont développés ;
  • Les images fortes (symboles, archétypes, stéréotypes) qu’il véhicule ;
  • Les préoccupations idéologiques et esthétiques ;
  • La représentation de « l’univers » créé par l’auteur (monde / époque) ;
  • La cohérence du récit ;
  • La crédibilité des personnages et de leurs actions ;
  • etc.

Comme discuté au début de cette série d’articles, je ne vise qu’à mettre en évidence la correction des points objectifs. En ce qui concerne le fond, ils sont mis en évidence dans la liste ci-dessus.

Exemples :

Illustrons nos propos, parce que je sens bien les scripturaux du fond qui s’agitent à l’idée que « la représentation de l’univers créé par l’auteur » puisse être une donnée objective de correction. Pour nous aider, je vous demande d’accueillir notre intervenant, M. Nikkos Brisant, à qui j’ai déjà fait allusion une fois ou deux précédemment. Nikkos est l’auteur d’un thriller scientifique sorti à grand tirage. Idéal pour illustrer notre premier exemple, car son univers est des plus simple à appréhender :

La représentation de « l’univers » créé par l’auteur (monde / époque)

objectifDans ce roman, l’univers du récit est tout simplement notre monde contemporain, donc pas besoin de se brûler les méninges pour comprendre comment tout fonctionne.

Entre les pages 180 et 188, le héros de Nikkos est prisonnier au fin fond de l’Allemagne dans une forteresse tenue par une élite aryenne. L’héroïne, une journaliste, est en région parisienne. Son plan est de profiter que la fameuse élite recrute la crème de la crème des scientifiques pour pénétrer les locaux sous couvert d’un entretien d’embauche. En moins de 24 h[1], elle va : bidonner un CV de scientifique de classe mondiale (avec toutes les références qui vont bien), traduire le tout en une version impeccable (d’anglais ou d’allemand, ce n’est pas clair dans le récit, peu importe), se fabriquer une fausse identité avec papiers et arbre généalogique, acheter un 4×4 BMW et le nettoyer comme neuf (les sièges passés au pinceau selon Nikkos, p. 185), se décolorer les cheveux et se déguiser, postuler, passer tout le processus de sélection des ressources humaines, recevoir une confirmation et un rendez-vous, préparer du matériel d’écoute et d’enregistrement, arriver à 12 h, fraîche et pimpante dans un beau tailleur seyant après 650 km de route.

Maintenant, dites-moi OBJECTIVEMENT si c’est réaliste dans notre univers (administrations française et allemande, limitation à 130 sur autoroute, processus d’embauche, acquisition de véhicule, assurance, faux papiers… sans faire appel à un flic ou un truand…). Nikkos trouve que oui… ou plus probablement : Il n’est pas passé par une réécriture corrective du fond.

La cohérence du récit

Des pages 99 à 101 (environ 4 minutes d’action en continu dans la même pièce) du roman de Nikkos, nous trouvons, je cite (pour clarifier j’ai remplacé les noms par les fonctions des protagonistes) :

« Le méchant glissa l’objet dans sa sacoche en bandoulière… » [entre-temps, il est dérangé par un gardien] « … on entendit un bruit de fenêtre brisée et le méchant disparut. » [la sacoche sous le bras] « La méchante repéra la sacoche gisant à terre et se baissa pour la ramasser. »

Nous avons donc soit un objet doué d’ubiquité, soit une jolie incohérence du récit. Dans tous les cas, une chose est sûre : Nikkos n’est pas passé par la phase de réécriture corrective du fond.

La crédibilité des personnages et de leurs actions

Entre les pages 326 et 332 (environ 15-20 minutes d’action entre les faubourgs de Jérusalem et le désert israélien), Nikkos s’achemine vers le climax de son histoire dans un suspense haletant. En effet, le méchant s’empare de la feuille de papier contenant la traduction du secret après lequel tout le monde court depuis le début, avant que les héros n’aient pu la lire. La feuille à la main, il fuit dans les escaliers, saute dans sa voiture et démarre en trombe. Mais les héros le suivent dans leur gros 4×4. Course poursuite, on quitte la ville, virages, routes dangereuses, il s’échappe, ils le rattrapent, campagne, routes désertiques, perte de contrôle, accident. La poursuite reprend à pied. Le méchant court, le héros rivé à ses talons. Il escalade les marches d’un vieux temple en ruine accolé à la montagne, se retrouve acculé sur la grande dalle surplombant le site. Combat, esquive, bagarre, le méchant perd l’équilibre, chute dans le vide, et in extremis, le héros lui arrache la feuille de papier des mains…

Et dire que s’il avait simplement mis la feuille dans sa poche, le méchant aurait pu conduire avec ses deux mains et échapper ainsi facilement à ses poursuivants en maîtrisant mieux son véhicule… ou grimper plus vite et s’enfuir, ou se battre avec ses deux poings et gagner. C’est bête quand même, non ? Mourir parce qu’on a oublié d’utiliser ses deux mains ?

Merci, Nikkos, rien ne vaut des exemples concrets pour démontrer l’importance de passer à travers une réécriture corrective du fond !

Mon avis de lecteur :

livreEn tant que lecteur de romans de fiction, quand je me procure un livre, j’achète du dépaysement, du rêve, bref… une HISTOIRE ! Soigner le fond n’est donc pas une option. C’est la première chose qui me fera fermer le livre en se disant « ouh là… ça tient pas la route ».

Alors attention, je ne vous dis pas qu’un style pourri et une écriture truffée de fautes soient acceptables. Il ne faut pas non plus bloquer la lecture par un texte illisible. Mais une bonne histoire, cohérente, avec des personnages crédibles, passera sans soucis avec un style neutre et une écriture classique. Alors qu’une histoire qui ne fait aucun sens ne sera pas rattrapée par un style « extraordinaire et excellent en tous points ». Pourquoi ? Vous ne suivez pas, je vous l’ai dit plus haut : si j’ai choisi un roman de fiction, c’est pour son histoire, justement. Si j’avais été à la recherche de beaux mots de huit syllabes et de phrases brillantes de plusieurs pages, je me serais acheté l’édition du jour du Littré, du Bescherelle, ou un bel essai d’un de mes confères de Saint-Germain, mais pas un roman de fiction.

Mon avis d’auteur :

auteurCette phase de correction du fond peut être très courte (notamment pour ceux qui travaillent avec un plan et le tiennent à jour au cours de la phase d’écriture) si tous vos éléments tiennent la route. Ce fut mon cas pour Forfait illimité*. Une simple révision pour s’assurer que tout s’enchaînait bien, que les intrigues faisaient sens, qu’il n’y avait pas d’erreurs techniques (c’est un techno-thriller), que les personnages tenaient la route comme convenu.

Elle peut aussi être plus longue (ce fut mon cas avec Naturalis) :

  • Si vous avez beaucoup divergé entre ce que vous aviez en tête et ce que vous avez finalement écrit. Dans ce cas des éléments perturbateurs peuvent avoir rendu certaines choses impossibles ou incohérentes (l’ajout d’un enfant pour un héros trop jeune, l’abandon ou l’ajout d’un personnage qui rend une quête caduque, etc.) ;
  • Si vous flirtez avec des thèmes complexes (voyage dans le temps, psychologie, science & technique…) ou des genres hyper dépendants des moindres détails (polar, thriller) ;
  • Si des éléments extérieurs « réels » interviennent (histoire, information, sociologie) et réclament des recherches / vérifications / ajustements (la réalité rattrape et dépasse parfois la fiction, ce n’est pas juste un adage).

Vous pouvez rendre les choses les plus folles totalement cohérentes, pour peu que vous posiez vos jalons correctement dans votre histoire. La crédibilité du récit est dépendante de l’univers dans lequel il se déroule. Il est donc de votre responsabilité de renforcer cette crédibilité en fournissant toutes les informations nécessaires au lecteur sur les particularités de votre « monde »..

Le défi consiste ici à bien lire ce que vous avez écrit sans intégrer ce que vous savez déjà de l’histoire. Le lecteur, lui, n’aura que vos mots, il ne peut pas deviner que c’est cohérent, parce qu’en fait il y a un générateur moléculaire dans l’arrière-boutique de votre alchimiste albinos. Il faut le lui dire, sinon l’explosion finale, aussi bien écrite soit-elle, n’aura pas de sens (je ne comprends pas, il mélangeait juste du jus de tomate avec de la coriandre et boom ! Je ne comprends pas…).

N’oubliez pas que le lecteur, sans informations supplémentaires de votre part, assumera toujours les choses les plus simples et les plus proches de SA réalité. Par exemple, si vous écrivez une invasion massive de la Terre par une race extra-terrestre en notre bon vieux xxie siècle, le lecteur ne comprendra pas comment une telle armada a pu passer inaperçue en s’approchant de la planète. C’est à vous d’expliquer comment et pourquoi aucun satellite n’a rien vu venir, pas au lecteur de le deviner. (Dans le même ordre d’esprit, amis auteurs de SF, renseignez-vous sur les distances interstellaires et les vitesses. L’univers, c’est VRAIMENT très grand…)

 

Voilà qui clôture la partie sur la correction du fond. Un dernier conseil : quand vous faites ce travail, ne vous concentrez pas trop sur la forme. Chaque chose en son temps, focalisez-vous vraiment sur le récit et glissez-vous dans la peau du lecteur qui ne connaît rien de votre histoire (cette capacité de détachement est beaucoup plus difficile à atteindre qu’il n’y paraît).

La semaine prochaine, on attaque la forme, objectif : zéro faute !

 


[1] Moins de 24 h d’action puisqu’elle est à 14 h dans une résidence [p. 173], un peu plus tard, disons 15 h [p. 177] chez son comparse, et le lendemain [Nikkos parle du « plan » mis au point la veille p. 86] avant déjeuner vers 12 h. Le tout  entre Paris et Wewelsburg.

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Petit manuel d’escroquerie à l’usage des auteurs malhonnêtes qui se lancent, 1ère partie

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Prérequis :

  • un roman (n’importe lequel, le vôtre, c’est mieux) ;
  • des dents qui labourent la moquette ;
  • un ego surdimensionné ;
  • être prêt à tout.

Pas prérequis :

  • du talent ;
  • un BON roman ;
  • un roman CORRIGÉ (ou du moins sans trop de fautes dedans)→ gardez vos sous pour votre promo, c’est plus utile.

Pas prérequis mais bien quand même :

  • des sous ;
  • des comptes Facebook et Twitter ;
  • des amis (plein d’amis, vrais ou pas).

Vous venez d’écrire un roman, c’est la huitième merveille du monde, vous en êtes tellement fier que vous êtes prêt à tout pour le faire connaître, même à vendre votre âme au diable et à sacrifier des chatons ? Bien.

Votre roman a été refusé par les maisons d’édition, ou a été accepté avec enthousiasme par des maisons du style Dagobert ou Editetonlivre ? Aucun problème.

Comme nous l’avons déjà vérifié dans les prérequis, vous êtes prêt à tout. Et à présent, à l’ère du livre électronique, le « tout » est beaucoup moins contraignant qu’avant.

Vous publiez donc votre roman, pardon, votre chef-d’œuvre, sur Amazon en autoédition. Mais maintenant, que faire ? Votre roman est tout en bas du classement Kindle, qui le verra ?

Ne vous découragez pas, d’autres sont passés par-là avant vous. Notez que les exemples que je cite ici s’appliquent à Amazon, mais il va sans dire que beaucoup peuvent aussi être adaptés à d’autres sites de ventes de livres électroniques (je n’ose les appeler librairies…).

Résumons : ce que vous voulez, c’est que votre bouquin soit connu (et acheté). Nous avons déjà établi que vous n’aviez pas de talent et que votre roman était illisible. Obstacle insurmontable ? Mais non, voyons. Première chose à faire : vendre votre roman à un prix très bas. Ridiculement bas. Ensuite…

Les méthodes gratuites :

      1. Inscrivez-vous sur un forum, faites-vous passer pour un fan de votre bouquin, démarrez un sujet du genre « j’ai lu un bouquin, il est trop trop bien, le meilleur bouquin de tous les temps ! ». Certaines personnes iront voir. Peut-être qu’elles achèteront même le roman.
        • Avantage : c’est gratuit.
        • Inconvénient : si vous insistez un peu trop, vous pouvez être pris en grippe par les utilisateurs et vous faire jeter. Même chose si vous postez sur TOUS les forums. Même en changeant votre nom d’utilisateur. On vous reconnaîtra de toute manière, ne vous faites pas d’illusions.

         

      2. Mettez de fausses (ou pas) citations de presse dans la description de votre bouquin. « Hallucinant ! » (La Gazette de Saint-Pouète), « Un vrai chef-d’œuvre. » (La Feuille de Chou de Trifouillis-les-Oies), « Marc Lévy n’a plus qu’à mettre la clé sous la porte ! » (Paris-Midi). Veillez tout de même à ne pas sombrer dans le ridicule : « Le Grand Maître à l’œuvre », « Le nouveau Stephen King », « Le meilleur livre de toute l’histoire de la littérature ». Évitez aussi les déclarations des membres de votre famille ou de vos amis, ce n’est pas très sérieux : « Le meilleur roman que j’ai jamais lu ! » (ex-belle-sœur), « Bravo Nono, t’es le plus fort ! » (ami d’enfance), « Je l’ai lu quatorze fois de suite, sans manger, sans boire, et je ne pouvais tellement pas m’en séparer que je faisais pipi dans une bassine ! » (lectrice enthousiaste).
        • Avantage : les lecteurs les plus naïfs vont y croire et vont se dire qu’ils mettent la main sur un chef-d’œuvre. Et à moins d’un euro, c’est une aubaine, non ?
        • Inconvénient : si les gens se mettent à vérifier, ça peut vite tourner au lynchage.

         

      3. Bluffez. Vous avez vendu 4 bouquins ? Rajoutez un 0. Qui le saura ? Personne ne va venir éplucher vos comptes. Vous en avez vendu 40 ? Mais dites donc, c’est le début de la gloire ! Multipliez par deux et rajoutez un 0. Vous avez dépassé la barre des mille ? Oh oh oh, mais c’est fantastique, faites péter le champagne et passez tout de suite sur un nombre à 5 chiffres. Là aussi, évitez de trop exagérer. Si vous prétendez avoir vendu 250 000 romans et que vous avez 4 commentaires sur Amazon, ça risque de ne pas être crédible.
        • Avantage : qui va vérifier vos chiffres de vente ? À part les libraires ou les auteurs qui vous détestent et qui ont accès au même genre d’outils et qui verront qu’au lieu des 40 000 ventes annoncées, vous en avez vendu 2 200, mais bon, ce sont juste des jaloux. En plus, avec votre nouveau statut de best-seller, vous pourrez écrire à tous les journaux, et avec un peu de chance, des journalistes désœuvrés feront un article sur vous. Sans avoir lu le bouquin, parce que franchement, qui a le temps de faire ça, hein ? Et après, vous pourrez rajouter des citations de presse sur votre résumé Amazon.
        • Inconvénient : euh… Personne ne peut vérifier, donc… Et on a déjà défini que vous aviez un ego surdimensionné et que vous étiez prêt à tout, donc pas de problème pour se regarder dans le miroir, tout ça…

         

      4. Écrivez vos commentaires vous-même. Ou demandez à vos amis de le faire. Coulez ensuite tous les commentaires qui ne vous plaisent pas. Si vous avez de l’argent, vous pouvez même payer des boîtes pour faire ça à votre place (Todd Rutherford avait d’ailleurs lancé un véritable business de vente de commentaires, où les auteurs pouvaient s’offrir ses services sous forme de différents packs : 99 $ pour 1 commentaire, 499 $ pour 20, 999 $ pour 50. Ses faux commentaires ont été pour la plupart retirés d’Amazon et son site a disparu, mais il ne fait nul doute que des services de ce genre continuent à exister).
        • Avantage : les futurs acheteurs qui voient tous ces commentaires dithyrambiques vont se réjouir d’être tombé par hasard (ou en suivant le lien d’un lecteur très enthousiaste sur un forum) sur une telle merveille.
        • Inconvénient : les acheteurs déçus peuvent revenir se venger et être d’autant plus vindicatifs qu’ils se seront sentis floués.

         

      5. Ouvrez une page Facebook et décrivez-vous comme auteur de best-sellers. Tout le monde sait que les grands auteurs sont de petits cons prétentieux et imbus d’eux-mêmes qui aiment s’envoyer des fleurs, ça ne paraîtra pas du tout bizarre. Ajoutez tout le monde. Mais vraiment tout le monde. Sur le nombre, vous allez bien avoir quelques centaines de fans.
        • Avantage : la visibilité sur les réseaux sociaux.
        • Inconvénient : vous risquez de passer pour un petit con prétentieux et imbu de vous-même, mais est-ce vraiment important ?

         

      6. Ouvrez un compte Twitter. Vous n’avez rien à y dire ? Ce n’est pas grave. Twitter, c’est in, il FAUT avoir Twitter. De toute manière, l’important, ce n’est pas ce que vous allez y dire, mais le nombre de personnes que vous allez toucher. Nous avons déjà établi que vous n’aviez aucun talent et que votre roman était mauvais, donc ce n’est pas pour la qualité de votre ouvrage que les gens vont vous suivre. C’est pour ça qu’il existe… *roulement de tambours*… les bots. Oui, BOTS. Un bot, c’est quoi ? Dans le cas qui nous intéresse, c’est un robot qui va vous inscrire au compte Twitter de milliers, de centaines de milliers de personnes, et qui fonctionne sur le principe de la réciprocité. La plupart du temps, quand une personne se met à suivre une autre personne sur Twitter, celle-ci l’ajoute à son tour, par politesse. Le bot se charge ensuite de vous désinscrire de tous ces comptes, histoire que vous ne passiez pas pour le psychopathe aux 455 789 abonnements et aux 25 abonnés. Car évidemment, c’est l’inverse qui nous intéresse. Après, bien sûr, parlez de votre roman. Tout le temps. Et remerciez abondamment chaque personne qui vous suit, tout en parlant de votre roman.
        • Avantage : votre compte Twitter devient soudainement un des plus suivis de France. Le fait qu’il soit suivi par 99,99 % de personnes non francophones n’est pas un problème, car ce que vous voulez, c’est de la visibilité.
        • Inconvénient : certains pourraient mettre en doute l’honnêteté de votre démarche en vous voyant passer de 35 abonnés à 258 000 en deux jours et 4 tweets, pourraient même faire de petits graphismes et les faire tourner sur Facebook, pourraient également soulever le problème de tous ces abonnés qui ne parlent pas un mot de français lorsqu’il s’agit du compte Twitter d’un roman francophone, mais ne vous inquiétez pas, vous n’aurez qu’à les bloquer. Et comme on l’a dit : tous des jaloux.

         

      7. À présent, la crédibilité. Parlez très, très souvent de toutes les propositions éditoriales que l’on vous fait. Annoncez la sortie de votre roman chez un grand éditeur plusieurs fois par an. Si quelqu’un vous demande ensuite pourquoi il n’est toujours pas sorti, inventez quelque chose. Votre éditeur s’est noyé, vous avez rompu votre contrat parce que Spielberg vous a contacté pour racheter les droits, l’imprimeur a pris du retard, etc.
        • Avantage : les gens qui n’ont pas encore lu votre roman et qui hésitent à l’acheter se sentiront rassurés par cette déclaration, gage de qualité, et se précipiteront pour le lire.
        • Inconvénient : au bout d’un moment, vous allez arriver à court d’excuses. Trouvez un ami producteur et prétendez que vous allez tourner un film. Vous pourrez ensuite dire qu’il s’est noyé, que vous avez rompu votre contrat parce que Spielberg vous a contacté pour racheter les droits, que le montage a pris du retard, etc.

(à suivre…)

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Bienvenue à Louenn !

Aujourd’hui est un grand jour ! Notre Alice vient d’avoir un petit garçon, prénommé Louenn et né ce matin à 8h30 🙂 Au nom du reste de l’équipe, je lui souhaite tout le meilleur. Toutes nos félicitations !

Désormais, nous passons à deux articles par semaine 🙂

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Hybridation, le meilleur des deux mondes ?

Hybride Avouons-le, la précédente série sur la scénarisation était un peu aride. En même temps, je vous avais prévenu dès le début. Elle avait cependant un rôle fondamental : vous apportez les bases de la dramaturgie, dont deux aspects sont fort intéressants pour les auteurs. Je parle bien sûr, de la structure du récit et de la caractérisation de vos personnages. En fait, je vous livre ici un bilan entre deux eaux. Le meilleur de la scénarisation pour dynamiser vos écrits.

 Des différences fondamentales

Entre script et manuscrit, il y a quelques différences fondamentales qu’il est impossible de concilier.

  1. Finalité. Le manuscrit est un produit fini. Le transformer en livre n’est qu’un processus cosmétique. Le récit, l’histoire, les décors et les personnages ne s’en verront pas altérés. Le script, lui, n’est pas un produit fini, mais un guide au sein d’une longue suite d’opérations. LE FILM en est le produit fini. Et entre script et film, beaucoup de choses changent en fonction de l’équipe technique, des acteurs, du réalisateur, des décorateurs, du producteur…
  2. L’unité d’action. Ce principe qui consiste à imposer que chaque scène se focalise sur le problème posé par l’objectif du protagoniste veut qu’en matière de scénarisation, il ne doive pas y avoir de digression. Autrement dit, se méfier des sous-intrigues. S’il y en a, elles doivent avoir une incidence sur l’intrigue principale et non développer des histoires parallèles indépendantes. Dans un roman, c’est presque l’inverse. On a du temps et un lecteur qui est « actif », contrairement à un spectateur. Ce lecteur est prêt à nous suivre, il a même ouvert le livre pour ça ! Alors sans le perdre, on peut lui offrir (et un bon auteur se DOIT même de le faire) des histoires dans l’histoire. Le roman en gagne en profondeur et en intérêt.
  3. Le langage. Un livre est fait pour être lu. Un film pour être vu et entendu. En cela, la part d’imaginaire est importante dans le roman. Aussi doué soit un auteur, une description sera « vue » différemment d’un lecteur à l’autre, car il doit faire un travail de reconstruction, et cela, on peut en jouer, ce que ne peut pas faire une image (sans devenir floue). 😉

Il y a donc des aspects dans la conception et la réalisation d’un projet qui peuvent être contradictoires entre scénario et roman. Mais pour le reste, et principalement pour la littérature romanesque, je pense qu’il y a de quoi se retrouver à la croisée des chemins et dynamiser la conception d’un récit.

Hybride

C’est avec cette idée en tête que je vous livre ici une version révisée des documents de travail de la méthode du flocon. Emphase sur la caractérisation et la structure du récit.

Fiche récapitulative

Modèle de conception


 


 [JA1]Pourquoi cette remarque ?

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Scénarisation, la dramaturgie au service des auteurs – Fondu au noir

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Fondu au noir – Conclusion

Ces étapes peuvent paraître rigides à l’artiste qui bout en vous. Néanmoins, elles sont extrêmement importantes. N’oubliez pas que l’écriture du scénario n’est qu’une facette de l’œuvre finie (le film) et non son aboutissement.

Sans rigueur, l’intrigue peut se retrouver pervertie, mal comprise ou analysée par les autres corps de métier qui vont utiliser votre script. L’écriture d’un scénario se fait au cordeau, il n’y a pas de place pour les à-peu-près, c’est une écriture rigide en soi (il n’y a qu’à voir les lourdes règles de mise en page qui s’y rattachent, sur lesquels je m’attarderais peut-être dans un autre article).

À noter cependant le cas de scénaristes/réalisateurs/producteurs, qui en cumulant un maximum des responsabilités, ont plus de marge de manœuvre.

Pas d’impasse

Il ne saurait y avoir d’impasse sur les éléments clés, à savoir :

  1. La structure => Toute œuvre dramatique se doit d’en avoir une si elle vise à toucher un maximum de cœurs. Vous pouvez être contre, ce n’est pas un problème, mais vous écrirez alors pour une niche très ciblée.
  2. Le plan => Personnellement, j’utilise le système des cartes, c’est historique chez moi. Je pense qu’Excel, ou tout logiciel spécialisé, peut sans problème le suppléer. Chacun ses goûts et ses habitudes, le principal est d’obtenir un squelette sur lequel s’appuyer lors de l’écriture proprement dite.
  3. La caractérisation => Un récit dramatique c’est l’histoire de personnages qui se battent contre les turpitudes de leur vie dans un univers défini. Leurs actions et réactions sont ce qui va définir le récit et elles dépendent justement de leur caractérisation. Passez le temps qu’il faut sur le sujet.

Question de temps

Tous les temps indiqués sont purement indicatifs, il n’y a pas vraiment de maximum (du moment que vous évitez la procrastination). Je pars du principe que 1j = 7h et 1s = 35h (mais n’allez pas vous imaginer pour autant que scénariste est un boulot de bureau relax.) Il va de soi que la première fois, on prend plus son temps, on cherche ses marques. Par la suite on avance plus vite.

Plus la phase d’écriture sera préparée, plus elle sera agréable et fructueuse. Le secret est de trouver ce point particulier où on est prêt à se lancer. En cela, j’espère que cette série d’articles pourra vous aider 😉

Et après ? (ou avant, ou même pendant)

Cette série d’articles ne couvrait volontairement que la conception scénaristique. Ce n’est pas suffisant pour délivrer un script abouti bien sûr, mais c’est une grosse partie. D’autres points capitaux mériteraient d’autres séries, qui sait, je m’y pencherais peut-être…

Les recherches :

Quelles soient quasi nulles (vous maîtrisez déjà le sujet), partielles (juste besoin de vérifier des dates, lieux, architectures, etc.), ou longues et fastidieuses (vous devez apprendre un sujet complexe), le contexte décidera si vous devrez les entreprendre avant, pendant ou après la phase de conception.

L’écriture :

C’est bien évidemment l’action qui suit la phase de conception. Elle devrait d’ailleurs être au pluriel, car vous aurez de nombreux jets et corrections avant d’avoir un script qui soit partageable. Un scénario n’est pas la place pour les envolées lyriques. Restez sobre dans votre style et respectez la mise en forme drastique qui s’y rattache.

Derniers conseils

Que ce soit pour cette phase de conception, celle des recherches, de l’écriture, des corrections et plus tard de la production, sachez qu’être auteur c’est 5 % de talent et 95 % de travail (allez, 10/90 si vous voulez…). Ce n’est pas un constat que les nouveaux auteurs aiment en général, mais c’est comme ça.

Si vous êtes vraiment sérieux à propos de l’écriture, le meilleur talent dont vous puissiez vous munir, c’est la persévérance !

Documents & références

Vous trouverez ci-dessous tous les supports finaux qui ont illustré cette série.

Les sources d’informations :

Si vous voulez aller plus loin :

  • Final Draft – La référence en terme d’outil de création scénaristique et scripts.
  • Contour – Un petit nouveau sur la scène scénaristique.
  • Movie Magic Screenwriter – Outil dédié aux scénarios par les créateurs de Dramatica Pro
  • Dramatica Pro – Aide à l’écriture créative
  • StorYBook – Un logiciel d’aide à la structure de roman ou scénario.
  • Freemind – Un logiciel gratuit de gestion d’idées.
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