Les nouveaux modes d’édition : Éditions Láska

This entry is part 5 of 9 in the series Parole aux éditeurs

[Espaces Comprises] a décidé de s’intéresser à ceux qui voient l’édition française/francophone sous un nouveau jour. Pour cela, nous laissons la parole à ces éditeurs qui tentent de changer les choses à leur niveau. Une série d’interviews qui s’enrichira sur la durée, à mesure que nous rencontrerons de nouveaux concepts. Nous commençons cette semaine avec les Éditions Láska.

 

jeanne[Espaces Comprises] Pourrais-tu te présenter, ainsi que la maison d’édition ?

Jeanne Corvellec : Je m’appelle Jeanne Corvellec, je réside à Montréal (Québec), et j’ai fondé en avril 2012 les Éditions Láska. À part mes propres projets en solitaire et la fondation d’un petit journal étudiant à l’université, je n’avais aucune expérience du monde de l’édition. Ma démarche est comparable à celle de l’auto-édition et j’avais même à l’origine envisagé de créer une structure plus orientée vers l’auto-gestion d’auteurs, la coopération. J’ai fini par me rabattre sur une entreprise individuelle, car cela me semblait le plus simple pour se lancer. Au fond, j’étais la seule personne de ma connaissance qui avait cette envie : se lancer dans l’édition de romances en français.

[EC] Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’édition ?

Paradoxalement, le fait même de me sentir isolée. Les choses ont beaucoup changé en un an, mais à l’époque, de ce que je savais, aucun éditeur déjà installé n’avait l’intention de publier de la romance en français. Certains prétendaient le faire, ou quelque chose d’approchant, mais je ne me retrouvais pas du tout dans leur style. Bien sûr, maintenant que je suis « de l’autre côté », je réalise que le problème est profond, qu’il vient de toute notre culture de l’écrit. C’est un sacré chantier !

laska[EC] Pourrais-tu expliquer le concept de ta maison d’édition et ce qui t’en a donné l’idée ?

Eh bien, d’un autre côté, je me rendais compte que je n’étais personne, que les auteurs que je publierais seraient sans doute tout aussi inconnus et je ne disposais à priori d’aucune fortune qui aurait pu m’acheter de la visibilité. Et pour couronner le tout, évidemment, je m’attelais à créer un marché qui n’existait pas – ou si peu. Nous allions sûrement faire de toutes petites ventes, du moins pour commencer. Je me suis donc demandé comment essayer de tirer le maximum d’une situation pareille. C’est comme ça que j’en suis venue à notre système d’abonnement.

Comme un abonnement à un journal ou un magazine, le tarif dégressif encourage les lecteurs à nous rester fidèles. Ainsi, un abonnement de 12 mois, par exemple, coûte seulement 74,99 $ (environ 56,50 €). Cela représente environ 4,50 € mensuels, pour deux à trois publications inédites par mois, plus toutes les parutions précédentes encore disponibles.

L’autre aspect intéressant de cette formule, c’est qu’elle permet aux lecteurs de nous juger sur autant de livres qu’ils le souhaitent sans pour autant débourser l’équivalent du prix de tous ces livres. Si j’en crois les tarifs pratiqués par nombre de mes concurrents, 8,99 $ est le prix standard d’un seul roman. Or c’est aussi le prix d’un mois d’abonnement chez nous, qui donne droit, comme je l’ai dit plus tôt, non seulement aux nouveautés du mois, mais à toutes nos anciennes parutions.

Je suis la première à juger les nouveaux auteurs et éditeurs sur une seule impression. Si l’histoire me déçoit, si la qualité de l’édition n’est pas au rendez-vous, comment savoir s’il s’agit d’un accident ou d’une différence de points de vue irréconciliable ? Rationnellement, je sais que tout le monde se rate au moins une fois dans sa carrière. Mais lorsqu’on paie pour quelque chose qui ne tient pas ses promesses, il est difficile de ne pas se sentir échaudé.

[EC] Qu’est-ce que cela change pour les divers acteurs du livre (les auteurs mais aussi les correcteurs, les illustrateurs, etc.) ?

Cela fait que j’arrive à tirer de petits revenus pour les auteurs où, en pratiquant la seule vente dite « au détail », ils devraient se contenter de véritables miettes. Du moins, c’est ce qui semble se dégager de l’expérience des premiers mois. Nous verrons bien par la suite si le verdict se confirme.

Du côté des correcteurs et des illustrateurs, la chose est différente. La plupart ont été embauchés (en free-lance) avant notre lancement, à une époque où je manquais énormément de temps et de l’organisation nécessaire pour tout faire moi-même. Or cela fait partie des choses que je suis en train de repenser complètement au vu de mon expérience. Cela dit, je ne crois pas que notre système d’abonnement ait une influence là-dessus. Au contraire, je me dirige de plus en plus vers un fonctionnement qu’on pourrait dire traditionnel.

[EC] Comment ce nouveau concept est-il accueilli par les auteurs ?

Bien ? Pour être honnête, cela n’a pas été un gros sujet de discussion entre nous jusqu’à présent. La plupart de mes auteurs n’ont jamais été édités, ou bien seulement une ou deux fois récemment, et n’ont donc pas de point de comparaison. Ou bien, comme moi, je crois qu’ils attendent de voir ce que cela donnera.

Ce que je peux vous dire, c’est que ni l’abonnement ni la façon dont je calcule les revenus des auteurs à ce niveau n’ont fait fuir d’auteur potentiel jusqu’ici. Certains auteurs se désintéressent lorsque je confirme que je fais du numérique, ou de la romance ; certaines négociations de contrat ont échoué pour des questions de durée de la licence (5 ans) ou de sensibilités artistiques divergentes. Mais pas à cause des modalités de vente.

[EC] Par les lecteurs ?

Plutôt bien également. Même si j’aimerais (évidemment) que nous ayons encore plus de succès, je pense que nous sommes très loin du désastre. Étant donné la nouveauté et l’étrangeté du concept, nous avons un nombre honnête d’abonnés. Mais surtout, il faut le comparer au nombre de gens qui achètent nos livres à l’unité…

Il est certain que, lorsque nos ebooks n’étaient encore disponible que via l’abonnement, une ou deux personnes ont fait savoir leur réticence et leur désir de voir nos titres vendus « traditionnellement ». C’est désormais le cas. Les lecteurs se sont-ils rués sur nos titres pour autant ? Non, pas du tout. S’il y a un « désastre », il est là. Il semble que les lecteurs qui étaient intéressés par nos titres se sont abonnés, comme cela était prévu. Les personnes qui ne se sont pas abonnées n’attendaient pas la mise en vente traditionnelle (pour 99 %, du moins) ; elles n’étaient simplement pas intéressées.

Bien sûr, cela n’est pas un jugement final. Il y a des leçons à tirer de cela et rien ne doit être figé. Mais ce qui est clair, c’est que si les lecteurs ont un problème vis-à-vis de nous, il n’est pas non plus du côté de notre système d’abonnement !

[EC] Quelles ont été les plus grosses difficultés que tu as rencontrées lors de la création de ta maison d’édition ?

Au départ, j’avoue que le côté légal et administratif m’a causé pas mal de fil à retordre. Je n’y connaissais pas grand-chose et je voulais être sûre de respecter toutes les lois.

Ensuite, il y a eu la partie informatique. Nous vendons des ebooks sur le web, notre abonnement passe par notre site Internet, je ne pouvais pas y couper. J’avais l’habitude de dire que j’étais une bille en informatique, mais j’ai bien dû apprendre… Par chance, l’une de mes auteures fait des sites web dans le cadre de son métier et elle m’a donné un sacré coup de pouce en lançant le nôtre.

Enfin, je peux mentionner une difficulté qui m’est propre : je suis quelqu’un de très désorganisé, peu discipliné. Or, en raison de la petite taille de Láska, je suis évidemment en charge d’à peu près tout et cela demande énormément de coordination entre mes différentes tâches. Il a fallu un certain temps avant que je trouve le bon rythme, d’autant que j’ai commencé par jongler entre cette activité et mes études.

[EC] Quelles solutions as-tu trouvées, et où ?

Pour la première – j’étais encore étudiante à l’époque –, je suis allée voir un conseiller en entrepreneuriat de mon université. J’ai également trouvé énormément d’informations sur le web, notamment sur les sites gouvernementaux. C’est rébarbatif, mais quand on n’a pas le choix, on doit s’y mettre.

C’est la même chose pour l’informatique. J’ai bénéficié de l’aide de cette auteure, ainsi que, ponctuellement, de l’avis de mon conjoint, qui est programmeur-développeur de métier. Cependant, je n’utilise en réalité que des outils qui sont conçus pour les personnes comme moi, qui n’ont pas de formation approfondie en informatique. De nos jours, il faut reconnaître que les possibilités sont énormes, entre le développement des outils « libres » (open source) comme WordPress et l’infinité de tutoriels en tout genre que l’on déniche sur le web. Ensuite, comme pour tout, on apprend sur le tas, en essayant, en faisant des erreurs, en essayant à nouveau.

[EC] Le mot de la fin ?

Nous sommes encore au début de l’aventure et il y a tant à apprendre ! Le marché de la romance et le marché du numérique sont deux phénomènes en pleine évolution dans l’édition francophone. C’est très enthousiasmant pour moi d’en faire partie et d’y contribuer, à mon modeste niveau.

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Une petite histoire de tirets…

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Si je vous dis tiret cadratin, tiret semi-cadratin (ou demi-cadratin), trait d’union, j’imagine que ça vous évoque quelque chose… Cependant, dans les manuscrits que je corrige, je vois souvent les uns employés à la place des autres. L’exemple le plus marquant : le trait d’union employé à la place du tiret cadratin (ou tiret long) dans les dialogues.

–       Vous avez écrit cet article à deux heures du matin, n’est-ce pas ?
–       Voyons, qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Bien entendu, c’est le tiret cadratin qui doit être employé pour les dialogues et non le trait d’union.

— Vous avez écrit cet article à deux heures du matin, n’est-ce pas ?
— Voyons, qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Une autre erreur courante : utiliser le trait d’union pour les incises – non, mais vraiment, les exemples dans cet article sont tout pourris – au lieu du tiret cadratin ou du tiret semi-cadratin – c’est quand même plus présentable comme ça. (Les deux premiers sont des traits d’union, je précise car la mise en page de WordPress les fait sauter automatiquement, la preuve s’il en fallait encore une qu’il ne faut vraiment pas les utiliser à la place des tirets cadratins ou semi-cadratins.)

Oui, j’ai bien dit cadratin OU semi-cadratin. Il est courant à présent d’utiliser le semi-cadratin (tiret moyen) pour les incises, mais il est tout à fait correct de lui préférer le cadratin.

Le tiret cadratin

Il est utilisé dans les dialogues, pour les incises, mais aussi pour l’énumération et parfois même pour marquer l’interruption (il existe d’autres usages, mais qui ne sont pas pertinents en littérature). Dans les dialogues, il s’utilise dans la présentation moderne sans les guillemets. Chaque tiret marque une nouvelle réplique et il s’utilise également dans la présentation classique avec les guillemets. Dans ce cas-là, le premier tiret cadratin est remplacé par les guillemets ouvrants (cf l’article sur les normes orthotypographiques).

Le tiret semi-cadratin (ou demi-cadratin)

Il est à présent utilisé la plupart du temps pour marquer les incises, même si sa fonction première était plutôt une fonction de liaison, qui intervenait dans certains cas où le trait d’union aurait prêté à confusion. Exemple : la station de métro Champs-Élysées–Clémenceau (trait d’union puis tiret semi-cadratin), qui peut aussi s’écrire Champs-Élysées – Clémenceau. (trait d’union, puis espace insécable, trait d’union, espace insécable)

Il est parfois utilisé par certaines maisons d’édition pour marquer les dialogues. C’est un choix purement esthétique et qui permet aussi de gagner un peu de place (d’ailleurs, le tiret semi-cadratin a remplacé le tiret cadratin pour cette raison, d’abord dans le journalisme et les magazines où les colonnes étaient étroites, puis cette habitude s’est étendue au monde de l’édition littéraire).

Le trait d’union

Comme son nom l’indique, c’est un trait qui sert à unir deux mots… Vous savez tous de quoi il s’agit, donc la chose à retenir, c’est : ne l’utilisez ni pour les incises ni pour marquer les dialogues.

Mais le cadratin, c’est quoi, au juste ?

Le cadratin est une mesure de « blanc ». Dans l’imprimerie au plomb, il s’agissait d’un caractère ayant une longueur égale à la force du corps utilisé, et qui servait à insérer un blanc. On entend (et on lit) parfois que le cadratin (em) occupe le même encombrement que le M. C’est inexact. De même que le semi-cadratin n’occupe pas l’encombrement du N. Dans un texte écrit en corps 10 points, la longueur du cadratin sera de 10 points. Le semi-cadratin mesurera traditionnellement la moitié du cadratin (soit 5 points), mais en réalité, il est souvent un peu plus long que ça.

Et on fait ça comment ?

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer comment faire un trait d’union.

Pour le tiret semi-cadratin, la combinaison de touches sur Windows est alt + 0150 (sur le pavé numérique). Bien souvent, Word (ou le logiciel de traitement de texte que vous utilisez) transformera à votre place un trait d’union utilisé à la place d’un tiret semi-cadratin. Sur Word (version Windows), vous pouvez également insérer un tiret semi-cadratin en tapant ctrl + – (mais il faut bien prendre garde à utiliser le – du pavé numérique et non celui du trait d’union).
Sur un Macintosh, c’est plus simple, et il vous suffira d’utiliser la combinaison de touches option + trait d’union.

Pour le tiret cadratin, la combinaison de touches est alt + 0151 pour un PC. Sur Word (version Windows), vous pouvez utiliser ctrl + alt + – (avec le – du pavé numérique). Sur le Macintosh, option + shift + trait d’union.

Ces manipulations peuvent vite devenir pénibles, surtout que Word va avoir tendance à vous mettre en forme votre dialogue n’importe comment. Ma petite astuce un peu barbare mais rapide : utiliser autre chose pour marquer les tirets cadratins et les tirets semi-cadratins en cours d’écriture, et les remplacer ensuite par un simple « rechercher-remplacer ». L’intérêt, c’est la rapidité, donc n’allez pas chercher un caractère bizarre, vous pouvez simplement prendre une combinaison de deux lettres qui ne se retrouvent jamais ensemble dans la langue française.

Ma méthode : pour le —, j’utilise Qq (qui se trouve être la première lettre de mon clavier car je n’utilise pas un AZERTY mais un QWERTZ), et pour le –, Ww (deuxième lettre de mon clavier). Je vous déconseille toutefois le Ww, car si vous avez tout d’un coup une adresse web dans votre texte pour une raison ou pour une autre, ça vous la transformera en –w, donc pas trop pratique. Mais Yy, par exemple, fonctionne bien.

Et les espaces, dans tout ça ?

Pour les cas qui nous intéressent, le tiret cadratin de dialogue n’est précédé de rien et suivi d’une espace insécable. Lorsqu’il est utilisé en tiret d’incise, il est précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace sécable (ou d’un autre signe de ponctuation, comme une virgule).

—^sVotre dialogue ici → rien, cadratin, espace insécable
Cette phrase va comporter une incise^s— ou pas. → insécable, cadratin, sécable
Et soyons fous^s— ou pas^s—, et mettons des virgules. → insécable, cadratin, sécable, incise, insécable, cadratin, virgule

Le semi-cadratin utilisé en tiret de dialogue n’est précédé de rien et suivi d’une espace insécable, et précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace sécable (ou d’un autre signe de ponctuation) lorsqu’il est utilisé en incise. Lorsqu’il joint deux mots, il n’est ni précédé ni suivi d’une espace.

Le trait d’union n’est ni précédé ni suivi d’une espace, sauf dans quelques rares cas.

En règle générale, votre traitement de texte s’occupera de ça tout seul comme un grand. 🙂

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La sélection d’été d’Ophélie Bruneau

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Ophélie Bruneau est écrivain de SFFF, auteur de Et pour quelques gigahertz de plus… aux éditions Ad Astra (décembre 2011) et de L’Ourobouros d’Argent aux éditions du Chat Noir (juin 2013). Voici ses recommandations pour les vacances d’été.

sélection Ophélie

Trois romans pour les vacances, dites-vous ?
J’ai privilégié deux critères : des objets-livres pas trop gros, et des lectures de pur plaisir. Pour faire court, Rêves de Gloire de Roland C. Wagner est un roman extraordinaire, mais sûrement pas le meilleur à glisser dans votre sac de plage (ou de randonnée, ou que sais-je).

baronnoirSi vous aimez les super-héros à vapeur :
Le Baron Noir – L’Ombre du Maître Espion d’Olivier Gechter, aux éditions Céléphaïs.
Un goût d’Iron Man sauce Batman, mais avec des vérins, le tout dans un Paris uchronique.

Paris 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.

Métaphysique du vampireSi vous aimez les anti-héros forts en gueule et décalés :
Métaphysique du Vampire de Jeanne-A Debats, aux éditions Ad Astra.
Un mélange subtil de Buffy, de Lestat et d’OSS 117 version Rio ne répond plus.

Raphaël est un drôle de vampire. Non seulement il est vieux et immortel, mais il entretient un rapport ambigu avec le Vatican. Pour tout dire, il travaille en sous-main pour lui… comme espion assassin. Normal, avec ses dons de vision, ses capacités surnaturelles, il ne peut être qu’un agent hors normes ! Or, voici qu’il se rend au Brésil, mis sur la trace d’une autre créature de la nuit dangereuse, qu’il doit capturer… ou éliminer. Accompagné d’un prêtre, Ignacio, et d’une vampire, Dana, le voici embarqué dans une sombre aventure où la moindre erreur de jugement peut se révéler fatale. Mais Raphaël pense. Lui.

aubeSi vous aimez les héroïnes punchy mais pas invincibles :
L’Aube de la Guerrière de Vanessa Terral, aux éditions du Chat Noir.
Un équilibre savoureux entre baston, mythes, humour et sentiments.

À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d’aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l’utiliser près des Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d’abriter des Larves et autres créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer… Un job qui n’a rien de bien intéressant – à part une meilleure connaissance des différents types d’effluves méphitiques – jusqu’à ce qu’elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas… ce dernier possédant le même Don qu’elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres.

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Éditions Voy'[el]

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Logo-voyel[Espaces Comprises] Pouvez-vous raconter la naissance de Voy'[el] ?

Corinne Guitteaud : Les Éditions Voy’[el] sont officiellement nées le 9 janvier 2009 avec le statut d’auto-entreprise. Depuis mars 2013, nous sommes devenus une SARL. J’ai, comme beaucoup, je pense, commencé par un projet d’autoédition avant de mettre le doigt dans l’engrenage et de me lancer dans l’édition d’autres auteurs. J’ai commencé notamment par publier Isabelle Wenta, Cécile Duquenne, puis Jean-Christophe Chaumette.

[EC] Quelle est votre ligne éditoriale, quel est votre public ?

Voy’el publie des romans et des recueils de Fantasy, Fantastique et Science-fiction, destinés à un public large, puisque nous avons aussi lancé une collection de livres illustrés avec les Grimoires de Maryline Weyl, qui intéressent beaucoup les enfants.

[EC] Quels sont les formats disponibles ?

Nous publions au format papier et numérique (via Immatériel et Numilog), aussi bien en grand format (15×23 cm) qu’en format poche (13×20 cm).

Nous avons créé deux collections uniquement numériques : e-courts pour des nouvelles, novellas et séries, et « Y » pour des romans ou recueils yaoi ou yuri, toujours dans le domaine de la SFFF.

[EC] Comment se déroule la soumission ?

Il faut envoyer, lorsque la période de soumission pour les textes hors-collection est ouverte, les trois premiers chapitres et un synopsis au format .doc ou .rtf.

clamatlice

Pour e-courts, les conditions sont les suivantes :

Pour les nouvelles, elles devront faire entre 25 000 et 60 000 signes espaces comprises.

– Pour les novellas, elles devront faire entre 100 000 et 250 000 signes espaces comprises. Il faudra les envoyer complètes.

Pour les séries, nous demandons impérativement le premier épisode complet ainsi qu’un synopsis détaillé des épisodes suivants. Les épisodes devront faire entre 50 000 et 250 000 signes espaces comprises à l’unité, pour un volume total d’une saison compris entre 300 000 et 1 000 000 de signes espaces comprises.

Les conditions sont identiques pour la collection « Y. » Pour plus d’informations, je vous invite à vous rendre sur le site de Voy’el, notamment pour avoir les adresses auxquelles envoyer vos soumissions. Celles-ci sont toutefois suspendues jusqu’à juillet, car nous avons reçus énormément de textes et le comité (qui est bénévole et dont les membres travaillent par ailleurs pour gagner leur vie) a un peu de mal à suivre.

Par contre, nous sommes en demande pour e-courts et la collection Y.

[EC] Comment choisissez-vous un roman ?

Ce choix se fait par l’intermédiaire du comité de lecture de Voy’el, qui compte une dizaine de personnes pour la hors-collection, 5-6 personnes pour e-courts et la collection Y.

[EC] Qu’est-ce qui vous rebute dans un manuscrit ?

Pour les soumissions, soyons clairs, au vu du nombre de textes envoyés, le tri est drastique. Si le format n’est pas respecté, que ce soit pour le fichier ou la taille (certains envoient carrément le manuscrit), je ne transmets même pas au comité de lecture. Pourquoi ? Parce que cela n’augure rien de bon pour la suite. On a tendance à penser que l’auteur (et il y en a plus qu’on ne le croit) aura tendance à rechigner quand on lui demandera de retravailler son texte. Certains, d’ailleurs, dès qu’on leur parle de relecture, de corrections, etc., ne donnent même pas suite !

[EC] Quel a été le dernier coup de cœur ?

Ce sont les Grimoires de Maryline Weyl (Le Grimoire des Dragons, celui des Licornes, Sur les Traces des loups-garous) qui ont tout de suite fait l’unanimité, et bien entendu nos prochaines parutions, notamment La Plume de Quetzalcóatl de Julien Pinson, entre uchronie (et nous en cherchons !) et steampunk.

[EC] Quelle a été votre meilleure vente ?

Nos anthologies ont bien marché l’année dernière, que ce soit celle des Robots ou On a marché sur… En ce moment, en numérique, ce qui marche surtout, c’est la série GeMs, mais aussi La Saga d’Orion d’Isabelle Wenta et les Mark Storm de Cendrine N. Williams.

gospel-cover[EC] Quelles sont vos actualités ?

Nous allons lancer les préventes de La Plume de Quetzalcóatl en juillet, puis celles de Gospel de Jean-Christophe Chaumette nous l’espérons fin août. Le 4e tome de Mark Storm devrait aussi paraître en septembre, de même que le tome 2 du Chant de la Malombre de Gaëlle K. Kempeneers. Mais n’oublions pas non plus le lancement de la collection e-courts. Plusieurs titres vont paraître en numérique d’ici la fin du mois : les deux nouvelles Les Vagues de Clamatlice et Saison de pluie sur Clamatlice de Vanessa Terral, la série La Brigade des Loups de Lilian Peschet ainsi que Au Service des insectes de Cindy Van Wilder.

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Corriger un roman – Conclusion

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the-burdainVous avez bien nettoyé le fond ? Bien récuré la forme ? Vraiment ? Vous en êtes donc au strict minimum à votre troisième jet, n’est-ce pas ? Si ce n’est pas le cas, recommencez. Il doit manquer quelque chose –­ voyez l’exemple de Nikkos, qui a soumis un premier, peut-être un deuxième jet tout au plus. ­   😛

Quand vous en êtes là, vous pourriez être tenté de penser que c’est terminé, ce serait une erreur ! À ce stade, vous pouvez commencer à prospecter, et ce qu’il peut alors vous arriver de mieux, c’est d’enquiller sur une autre série de corrections, j’ai nommé :

Les corrections éditoriales

Hé oui. Il est fort à parier que votre éditeur aura son mot à dire – en fait, l’inverse serait un brin inquiétant.

Que ce soit la taille, certains passages, certains personnages, ou simplement des corrections que vous auriez manqués, vous recevrez quelques consignes professionnelles. Soyez à l’écoute, il y a beaucoup à apprendre, surtout si c’est votre première édition. Un bon professionnel devrait discuter avec vous de votre texte. Ne vous braquez pas, soyez réceptif. Vous connaissez votre texte mieux que lui, certes, mais il sait mieux que vous comment le présenter et le vendre – parce que oui, c’est ça le métier d’un éditeur : pas dorloter les auteurs, mais vendre des livres… À vous de voir…

Dans certains cas, on vous fera juste changer le titre et revoir les corrections proposées par le correcteur. Dans d’autres, on peut vous challenger sur votre fin, sur votre ouverture, sur la tension dramatique, la nécessité de tel ou tel personnage, de tel ou tel passage… Cela dépend aussi beaucoup de l’effort que vous avez mis en amont de votre soumission.

Dans le cas de Nikkos Brisant et son roman Le Vieil Artefact, on ne saura probablement jamais ce qui s’est réellement passé. S’est-il braqué et opposé au moindre changement de la part de son éditeur, Mitch Bottom ? (Peu probable, vu que sans même critiquer le style et le verbe de Nikkos, il y avait, comme nous l’avons vu, de simples erreurs objectives à corriger, rien qui justifie un refus, au contraire). Ou bien Mitch était-il malade, pressé, peu enclin à faire relire le manuscrit par un comité de lecture ou des correcteurs professionnels ? A-t-il signé le B.A.T (Bon à tirer) sous la menace ? Mystère. Mais normalement, vous serez soumis à une relecture scrupuleuse et quelques ajustements, contrairement à Nikkos. Je vous renvoie pour cela sur l’article de Roxane Dambre.

Dernière relecture corrective

Après les ajustements éditoriaux effectués – qui ont pu jouer sur tous les fronts du texte –, il est capital de faire une dernière passe de relecture corrective du fond et de la forme. En effet, les petits ajustements ont pu changer la dynamique de certaines scènes, supprimer des objets utilisés ensuite, changer le temps, le genre ou le nombre de certains sujets… Bref, il est de bon augure de corriger les corrections et s’assurer que le tout est bien cohérent dans sa version finale. Qui sait ? Après tout, peut-être que le roman de Nikkos est victime d’avoir simplement manqué cette phase ? Il était tout bien ficelé, corrigé, ajusté, mais personne n’a fait une dernière relecture alors qu’un malencontreux copier/coller avait remplacé la version finale par le premier jet…

Mon avis de lecteur :

livreJe m’attends à ce que l’éditeur ait recadré les éventuels manques de l’auteur de manière à ce que le produit fini soit exempt de fautes grossières. Je vais tout de même débourser autour de 20 € pour une première édition. Que l’histoire ou le style ne me plaisent pas, c’est le jeu, mais qu’il y ait des fautes et du travail à moitié fini ? Non !

Mon avis d’auteur :

auteurCertes, après tant d’efforts, on a envie de crier « touche pas à mon texte ! » à la  moindre idée de changement. Mais il faut savoir rester humble. Si vous êtes arrivé là, vous ne devriez pas avoir besoin de défendre votre texte, il se défendra de lui-même. 😉

Pour finir

J’espère ne pas vous avoir découragé. De toute évidence vous passerez plus de temps à corriger votre roman qu’à l’écrire. C’est ça la vie d’auteur : persévérance et pugnacité !

Évidemment, Nikkos et Mitch nous ont prouvé tout le contraire. Apparemment, vous pouvez tout ignorer de ces quelques conseils et faire éditer votre premier jet tel quel. C’est tentant, et si vous croyez au miroir aux alouettes, allez-y, essayez. Pour les autres – qui ne s’appellent pas Nikkos et n’ont pas fait de barbecue avec Mitch le week-end dernier –, voici un petit récapitulatif de ce que peut donner le processus. Évidemment, chacun vit cela différemment. Par exemple, sur mon roman Naturalis, il m’a fallu quatre jets avant de soumettre et non trois, à cause de profonds changements de style et l’ajout de deux personnages qui se sont imposés en cours de route.

Merci de m’avoir suivi jusque-là, et voici la fiche récapitulative.

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