Scénarisation, la dramaturgie au service des auteurs – ETAPE 3

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Étape 3 – Créer les personnages (la main d’œuvre) – (1j/personnage)

Je sais, je sais. L’écriture dramaturgique est assez indigeste. Pour me faire pardonner, je vous livre une étape 3 très courte, très amusante et qui sera le point le plus important à conserver pour l’écriture romanesque.

Ne pas bâcler la caractérisation des personnages secondaires. Il faut connaître l’histoire des personnages, même si elle n’est pas exploitée à fond dans le récit comme ce pourrait être le cas pour le protagoniste. Il faut toujours savoir d’où viennent les personnages, leurs objectifs, leurs obstacles, leurs enjeux, motivation et moyens, tout comme pour le protagoniste. Pour cela il faut connaître leur vie, leur passé, leurs valeurs, leurs goûts…

En même temps, ne pas analyser à outrance. Il faut simplement les comprendre pour pouvoir les faire agir de manière cohérente avec eux-mêmes. C’est un équilibre délicat à trouver

Un personnage qui marque est un personnage qui ne se comporte pas comme tout le monde.

L’antagoniste doit paraître bien plus fort que le protagoniste.

Pistes à suivre :

Sociologie
Date et lieu de naissance Vie familiale Profession / Environnement de travail
Origines ethniques Casier judiciaire CV
Croyances religieuses Occupations Statut social / Possessions
Opinions politiques Hobbies Biographie (brève)
Affiliations à des groupes, réseaux Éducation  
Psychologie
Peurs/Phobies Complexes Valeurs
Superstitions Problèmes personnels Ambitions
Secrets Type d’intelligence Motivations
Tempérament Imagination Vices
Troubles de la personnalité Habitudes Préjudices
Inhibitions Morale  
Physionomie (partie la moins importante puisque principalement liée à l’acteur qui jouera le rôle)
Sexe Charisme Force physique/endurance
Poids/taille Apparence Agilité/souplesse
Cheveux/yeux Marques/cicatrices Santé
Voix Habillement  

 

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L’organisation des idées

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Un des défauts les plus courants chez les primo-romanciers est sans aucun doute le surplus d’idées. De peur d’être à court, peut-être, un primo-romancier va chercher à tout caser dans le même roman. Ou alors, lors de l’écriture, les idées affluent et on les ajoute toutes. Vous savez, ce moment où le Petit Chaperon s’enfonce dans la forêt et tout d’un coup arrivent sept nains qui l’entraînent dans le bois dormant qui lui ordonne de répondre à une énigme sinon elle ne pourra jamais récupérer sa voix emprisonnée dans une haute tour sans issue surveillée de près par des cygnes sauvages. Pouf. Indigeste, non ?
La meilleure façon, pour moi, de mater les révolutions dans mon cerveau, c’est d’avoir un tableau. Non, le joli carnet ne me convient pas puisque je ne peux pas le réorganiser au fur et à mesure (je n’aime pas les ratures).
Comment ça marche ? Facile.
Lorsque vous avez une idée, marquez-la immédiatement dans votre tableau. C’est votre document, donc n’hésitez pas à détailler votre histoire. Dans une première case, mettez le titre « Petit Chaperon » avec le résumé. Si le Petit Chaperon doit mourir à la fin, notez-le. Dans une autre case, « Cygnes Sauvages ». Si les cygnes sauvages se transforment en barbecue, idem, écrivez-le noir sur blanc.

Voici mon propre tableau. Parfois, j’ai besoin de tout un paragraphe, d’autres fois, uniquement le prénom de l’héroïne me suffit. La seule importance de ce genre d’exercice est de savoir quelle histoire vous voulez raconter, d’être sûr de ne pas l’oublier et ainsi, d’avancer dans son projet en cours sans avoir des parasites.
Ne vous laissez plus piéger par votre imagination débordante. Ne rendez pas votre roman indigeste.

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Les Roses Bleues

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[Espaces Comprises] Pouvez-vous raconter la naissance des Roses Bleues ?

Marilyn Stellini : Une de mes amies intimes est une auteure incroyable qui s’ignore. Elle écrit pour elle-même et se moque du monde éditorial. Pour moi, c’était évident : il faut que ses textes rencontrent leur public, il faut que d’autres que moi soient exaltés par son univers et sa plume. Comme je travaille dans l’édition depuis quelque temps déjà, la chose s’est imposée à moi : Jade (Jade Bert, le Secret de Forlnjörd) n’accepterait de travailler avec personne d’autre que moi, et il me fallait une structure établie pour la convaincre. C’est ainsi que je me suis lancée tout début 2012 et que j’enchaîne coup de cœur sur coup de cœur avec un émerveillement croissant. Et bien sûr, la cerise sur le gâteau, c’est d’avoir pu récemment annoncer cette parution.

[EC] Quelle est votre ligne éditoriale, votre public ?

On fait de la fiction. À part cela, c’est très large, jeunesse, lectorat adulte, littérature blanche, une part belle à la poésie dans Les Nénuphars, un roman fantastique suspense tirant sur l’horreur pour la fin de l’année… Il y a bien sûr aussi le fait que nous ne publions que des textes dont le personnage principal est féminin. Pourquoi ? me demande-t-on systématiquement. Eh bien je réponds, pourquoi pas. J’assume mon rôle de passeur, alors à côté je m’amuse et je fais ce qui me plaît. Et mettre en avant des héroïnes fortes et le clamer, ça choque, mais c’est avant tout ludique.

[EC] Quels sont les formats ?

Pour les tirages papier, on fait du 14 x 21 sauf exception (on partira sur du poche pour la jeunesse désormais et du grand format pour les romans plus consistants). Il y a aussi le numérique.
[Note : pour chaque livre papier acheté, l’e-book est offert.]

[EC] Comment se déroule la soumission ?

On ouvre ponctuellement les soumissions, souvent juste pour une collection. Inutile de songer à nous pour la jeunesse, le calendrier est clos pour les années à venir. Ensuite on demande des envois électroniques, c’est plus facile à dispatcher aux lecteurs. Il nous faut un synopsis détaillé pour nous rendre compte de l’ensemble et on aime bien lorsque l’auteur se présente. Qu’il ait déjà été publié ou non n’a aucune importance, mais, quand on parie sur un roman, on parie aussi sur son auteur.
Les délais de réponse… Sans que ce soit une norme, c’est de quelques jours quand c’est non (peu importe si ça fait hurler ou si un mythe s’effondre, non, quand ce n’est pas bon, on le voit en quelques pages et on ne va pas s’amuser à tout lire) à quelques mois quand c’est oui. Et il ne faut pas hésiter à nous relancer, non, on ne le prend pas mal du tout.

[EC] Comment choisissez-vous un roman ?

Uniquement au coup de cœur, peu importe le genre, la longueur (enfin il faut quand même un minimum)… Il y a bien sûr certaines contraintes concernant le calendrier mais on essaie de s’arranger avec l’auteur (Patrick Huet attend depuis un an !).

[EC] Qu’est-ce qui vous rebute dans un manuscrit ?

Les fautes, bien sûr, mais aussi quand l’auteur écrit comme il parle (sauf si c’est vraiment très bien fait, je demande à voir), et si l’auteur n’y a pas mis ses tripes. Quand chaque ligne sue l’ego démesuré aussi. Une dernière chose, mais pas des moindres, qu’il n’y ait aucun fil rouge. La trame narrative, c’est le B-A BA.

[EC] Quel a été le dernier coup de cœur ?

J’ai littéralement adoré l’univers de Petite Fleur des Champs, un roman jeunesse qui paraît en mai.

[EC] Quel a été votre plus grand best-seller ?

Best-seller n’est pas le terme, mais notre succès est l’anthologie Contes de fées. Ce qui me fait jubiler parce que j’adore les nouvelles et que je suis ravie de donner une chance à ce format.

[EC] Quelles sont vos actualités ?

L’actualité c’est le roman de Tiphaine Mora : Les Nénuphars ou les mémoires d’une décadente. Cette jeunette a 21 ans et une maturité déconcertante.
Il y aura d’autres choses, mais notamment à la rentrée le roman de Jess Swann, très attendu par les Janeities puisqu’il adapte en version moderne Orgueil et Préjugés. C’était un roman de commande mis au concours, une autre façon de s’amuser, pour l’auteure, pour nous, et pour les futurs lecteurs.

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Genres sans frontières: Olivier Gay

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[Espaces Comprises]: Bonjour Olivier, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Olivier Gay : J’ai 34 ans, je suis né à Grenoble puis ai migré sur Paris à 17 ans. J’ai toujours aimé écrire, mais ai suivi la voie de la raison (classe préparatoire, école de commerce, travail dans le conseil). Ce n’est qu’il y a deux ans que je me suis demandé si mes textes pouvaient intéresser des éditeurs et que j’ai envoyé ces fameuses enveloppes de papier kraft aux quatre coins de Paris.

J’ai publié pour l’instant trois romans : deux polars aux éditions du Masque et un roman de fantasy aux éditions Midgard.

Aux éditions du Masque :

Aux éditions Midgard :

  • Le Boucher (septembre 2012)
  • La Servante (à venir)

[EC] Pourquoi avoir choisi de tout écrire sous le même nom/pseudonyme ?

Les romans policiers et ceux de fantasy n’attirent généralement pas le même public, mais j’ai tout de même espéré qu’il y ait un recoupement entre les deux. Si même un seul lecteur appréciait assez mes polars pour jeter un œil à ce que je fais en fantasy – ou l’inverse –, j’aurais gagné mon pari.

Accessoirement, mon nom est assez original pour rester en mémoire. Enfin un avantage à s’appeler Gay !

[EC] Comment fais-tu la différence entre les différents genres auprès du public ?

Mes deux éditeurs sont très spécialisés : le Masque a une réputation centenaire dans le polar et Midgard ne fait que de la fantasy. Ça permet donc aux lecteurs de savoir rapidement de quel type de roman il s’agit. Par ailleurs, les couvertures et les 4e de couv sont bien entendu déterminantes. Enfin, dans la plupart des librairies, les rayons polars et fantasy ne sont pas confondus, ce qui permet aux gens de se repérer sans difficulté.

Par contre, c’est plus difficile de cumuler les genres lors de salons ou de dédicaces : j’insiste toujours pour que les libraires proposent tous mes livres, mais la plupart me contactent à l’origine soit pour les policiers, soit pour la fantasy, rarement pour les deux.

Grâce à la gentillesse des organisateurs, j’ai ainsi pu dédicacer mes romans de fantasy à la Fnac la Défense (qui me connaissait surtout pour les polars) ou mes romans policiers à l’Antre-Monde (une librairie spécialisée fantasy).

[EC] Quelle est la réaction du public ?

Malgré ce que j’espérais, les deux domaines restent assez cloisonnés. En dehors des quelques vrais fans (et de l’entourage d’amis !), la plupart de  mes lecteurs ne passent pas de l’un à l’autre. C’est en tout cas ce que je vois sur les différents sites de critiques (Amazon, Babelio, Goodreads, Livraddict…), où je ne retrouve que très rarement les mêmes noms sur deux livres de genres différents.

[EC] Comment compartimenter les différents genres ?

Dans mon cas, c’est assez facile : d’un côté les enquêtes policières contemporaines, de l’autre les aventures épiques moyenâgeuses. Mais c’est vrai que c’est une véritable gymnastique mentale de passer d’une écriture à l’autre. Le fait que les romans policiers soient à la première personne et ceux de fantasy à la troisième facilitent souvent la coupure.

[EC] Est-ce que les différents genres sont complémentaires ?

Beaucoup de romans policiers proposent des scènes épiques (combat, course-poursuite…) et beaucoup de livres de fantasy mettent en scène un mystère. Dans ce sens, oui, ces deux genres sont complémentaires. Pour moi, ça offre également la possibilité d’écrire des livres faits pour rêver et d’en écrire d’autres ancrés fermement dans la réalité.

[EC] Est-ce que les recherches, par exemple, peuvent être utiles dans les différents genres ?

Dans mon cas, pas du tout. Ma compagne m’a ainsi offert deux cadeaux très orientés ces dernières années : un stage de forge pour apprendre la fabrication d’une arme en métal (utile pour la fantasy, donc) et un stage de tir pour comprendre l’utilisation d’armes à feu (utile pour les polars). Le côté transgenre lui permet d’avoir deux fois plus d’idées, c’est déjà ça !

[EC] Est-ce que l’étude des mécanismes d’un genre peut permettre de mieux comprendre ceux d’un autre (par exemple, apprendre à créer du suspens dans le thriller, utile également en fantasy) ?

Oui, clairement. Comme dit plus haut, le souffle épique peut également bercer un roman policier et le suspense est toujours utile dans la fantasy. Dans le cas du Boucher et de sa suite, le mystère de la mort de Deria est un ressort essentiel – et je suis ravi de voir que la plupart des commentateurs sont tombés dans le panneau !

[EC] Quelle est ton actualité ?

J’ai sorti Les mannequins ne sont pas des filles modèles voici trois semaines et je viens d’envoyer La Servante (suite du Boucher) à la maison d’édition Midgard. Vous pourrez me trouver également au salon du livre de Paris, au salon Griffe d’Encres, au festival Trolls et Légendes ou au salon du livre de poche de Saint-Maur.

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Genres sans frontières : Anne Rossi

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[Espaces Comprises] Peux-tu te présenter ?

Anne Rossi : Bonjour, je suis une chercheuse de trésor, mariée à un pirate, et j’ai donné le jour à une ninja, un alien et une monstresse (ah non, pardon je confonds avec le truc Star Wars qui a tourné sur Facebook il y a quelque temps.)
Donc, j’ai le même âge que Leonardo di Caprio, j’ai trois enfants, un nombre équivalent de chats et un mari qui est un saint de tous nous supporter. J’habite et je travaille en région parisienne. J’ai aussi une deuxième vie dans laquelle j’écris des romans et des nouvelles. À ce jour, j’ai publié trois romans juniors (Une larme de sirène et Une démone chez les anges aux éditions Sortilèges, Lita et les corsaires rouges aux éditions Les Roses Bleues) et une série de romance fantasy pour jeunes adultes (Passeurs d’ombre aux éditions NumérikLivres), plus quelques nouvelles en anthologies.

[EC] Pourquoi avoir choisi de tout écrire sous le même nom ?

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les photos dans les salons, etc., un pseudonyme serait rapidement éventé, alors autant se simplifier la vie dès le départ.

[EC] Comment faire la différence auprès du public ?

Je ne la fais pas. Comme ça, les mamans qui viennent acheter mes livres de romance fantasy voient les romans juniors à côté et les embarquent pour leurs enfants, toute la famille a de quoi lire et tout le monde est content.
Plus sérieusement, la différence ne se fait pas sur le nom de l’auteur, mais sur la présentation du livre en elle-même. A priori, on se doute que la romance fantasy ne s’adresse pas aux enfants, de même que la mention « à partir de dix ans » sur la couverture de Une démone chez les anges peut mettre la puce à l’oreille quant au public visé…

[EC] Comment compartimenter les différents genres ?

J’ai un blog adultes et un blog jeunesse, avec chacun une page Facebook rattachée, mais il existe des passerelles de l’un à l’autre. Je ne cherche pas vraiment à compartimenter, comme je l’ai dit plus haut, je pense que le lecteur est assez intelligent pour s’y retrouver tout seul. Un auteur que j’admire, Gudule, a publié sous le même nom des albums pour enfants comme des trucs bien gores pour adultes (Le club des petites filles mortes, par exemple) et à ma connaissance, ça n’a jamais posé de problème.

[EC] Est-ce que les différents genres sont complémentaires ?

Dans la mesure où j’écris presque toujours dans les genres de l’imaginaire, la passerelle enfants/adultes se fait naturellement. La principale différence entre les deux se situe au niveau du style, de la complexité de l’intrigue et des thèmes abordés, pas du côté de la toile de fond, celle qui nécessite le plus de documentation ou de recherches sur le monde. Ainsi, pour Une démone chez les anges, j’ai effectué des recherches sur la hiérarchie angélique qui m’ont été utiles pour deux nouvelles adultes, même si je n’ai pas exploité les données de la même façon dans un cas ou dans l’autre.
Par ailleurs, la littérature jeunesse nécessite une certaine rigueur (style simple, sans phrases longues ou ampoulées, taille du texte limitée, intrigue resserrée sur l’essentiel) qui rejaillit forcément sur le reste. Notamment, le fait de pouvoir écrire en respectant un format donné m’a été bien utile quand il a fallu rédiger les sept épisodes de Passeurs d’ombre, quinze mille mots chacun.

[EC] Quelle est ton actualité ?

Une démone chez les anges et Une larme de sirène, romans juniors, viennent de sortir aux éditions Sortilèges, diverses séances de dédicaces sont prévues tout au long du printemps.
Courant mars sortira le premier épisode de ma nouvelle série de romance fantasy, cette fois aux éditions Nergäl : Enfants du feu, qui comptera sept épisodes au total.
Côté romance, ma seconde nouvelle de romance piraterie, Bébé à bord, sortira en avril aux éditions Láska ; le lancement de la série de romance contemporaine, Chronique d’un amour fou, commencera en mai.
Enfin, une nouvelle chez HQN, la collection numérique d’Harlequin, est prévue pour l’été.
Toujours au mois de mai devrait sortir un roman jeunesse aux éditions les Lucioles, Suzy Online (un roman qui aborde le thème de l’écriture).
Par ailleurs, certaines choses sont en cours mais non encore officielles, et j’attends les réponses de plusieurs soumissions, donc pour vous tenir informés, restez connectés !

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