La minute de l’écrivain geek – Sauvegardez vos écrits

This entry is part 2 of 3 in the series La minute de l'écrivain geek

hddC’est bien connu, l’informatique est infaillible et l’ordi est votre meilleur ami. Ce n’est pas du tout le genre à planter votre traitement texte au milieu d’une longue séance d’écriture, à perdre un disque dur avec tous vos manuscrits dessus, ou à court-circuiter la clé USB qui héberge la dernière version de votre chef d’œuvre… Non, ce n’est vraiment pas son style de vous lâcher ainsi au pire moment… pas vrai ?

Et c’est bien pour cela que cet article est inutile… ou pas !

Si comme moi vous avez le MAJ + SUPPR un peu rapide, un chien – ça marche aussi avec les chats, les mômes et les belles-mères – qui a l’appui sur le bouton MARCHE/ARRÊT de votre ordi un peu facile, un magnétisme irrésistible avec les clés USB – mais beaucoup moins avec la gent opposée –, ou encore une scoumoune de tous les diables qui fait que vous êtes capable de changer cinq fois de disque dur en une seule année de garantie : alors, suivez-moi, nous allons voir comment protéger nos précieux écrits de la perte totale.

Erreurs communes qui mènent à la catastrophe

  • «  Je sauvegarde mon ficher dans Word toutes les heures. »
    • T’es gentil… Quand ton disque t’aura lâché, tu pourras pleurer toutes les heures aussi.
  • « Je suis trop un geek : j’ai monté ma machine en RAID1 (RAID5, RAID10…). Mes disques sont redondants en cas de panne, je peux en perdre un, c’est pas grave, toutes mes données restent accessibles sur les autres. »
    • Mais c’est génial ! Comme ça, quand tu auras effacé ton répertoire par inadvertance, ça sera bien « redondé » et effacé instantanément sur tous les disques…
  • « J’ai une sauvegarde complète régulière et automatique de mon système sur un second disque dur dans ma machine. »
    • C’est bien. Quand tu te seras fait voler ton ordi, ça te fera de bons souvenirs…
  • « Chez moi, j’ai des copies sur deux disques externes, et au moins une dizaine de clés USB différentes, je sais, c’est un peu parano, mais on est jamais trop prudent. »
    • Cool… plus de combustible quand ton appart prendra feu.
  • « Depuis que j’ai tout automatisé, je dors tranquille : script de copie automatique, synchro de la copie sur mon disque externe, mon portable, et un espace de stockage sur Internet, archivage compressé des copies, rotation cyclique des sauvegardes… »
    • Je m’incline, je vois que j’ai affaire à un pro… Au fait… t’as vérifié que le dernier passage à l’heure d’été n’avait pas corrompu la copie ? Sinon ça fait six mois que tu compresses, cycle, recycle et synchronise de la merde.

Règles d’or de la sauvegarde

1.       CTRL + S est ton meilleur ami

Enregistrez votre travail souvent, on ne sait jamais quand votre traitement de texte va décider de planter (ou votre chien de s’effondrer à vos pieds en enfonçant le bouton marche/arrêt de votre ordi… histoire vraie !). Vous n’êtes même pas obligés d’empoigner la souris pour aller dans le menu fichier et choisir enregistrer. Restez concentré, écrivez, et tapez un petit CTRL + S de temps en temps.

Conseil de geek : Activez aussi la fonction « enregistrement automatique » de votre traitement de texte, on ne sait jamais, cela lui permet très souvent de récupérer la dernière version lors d’un crash inattendu.

2.       Sauvegarde souvent

Et je veux dire SOUVENT. La loi de Murphy veut que si vous devez perdre votre fichier qui est régulièrement sauvegardé tous les troisièmes dimanches du mois, vous le perdiez par définition la veille. Plus vous sauvegardez, moins vous perdrez de votre travail. Évidemment, pour les fichiers auxquels vous ne touchez plus, un simple archivage de temps en temps suffit, mais pour ceux qui sont actifs : faites-le SOUVENT !

Conseil de geek : voir règle 4

3.       Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier

Vous pouvez avoir toutes les sauvegardes du monde, si elles sont toutes au même endroit, vous êtes à risque. Portable, disque externe et clés USB dans la même sacoche sont à bannir (vol, perte…). Les copies sur le second ordi de la maisonnette, idem (incendie, inondation, cambriolage…). Idéalement, au moins une copie devrait être en dehors de chez vous (au boulot, chez vos parents, sous le lit de votre maîtresse…)

Conseil de geek : Il y a une myriade de services qui offrent du stockage sur Internet. Les offres gratuites sont limitées en taille, mais largement suffisantes pour héberger vos manuscrits et documents associés.

4.       Automatise la sauvegarde

Parce que nous autres, les humains, sommes assujettis à Alzheimer et la paresse, ne vous faites pas confiance. Automatisez vos sauvegardes.

Conseil de geek : Un bon million d’utilitaires existent pour ça, y compris les outils qui viennent probablement avec votre clé USB ou votre disque externe. (La combinaison « planificateur de tâches » + SyncToy sous Windows fait des merveilles.)

5.       Vérifie tes sauvegardes

Parce qu’eux, les ordinateurs, sont assujettis aux bogues et autres corruptions de données, faites une petite vérification de temps en temps. Rien de plus rageant que d’ouvrir son répertoire de sauvegarde pour s’apercevoir qu’il est vide, que l’on a oublié d’inclure certains fichiers dans un script de copie, ou que les fichiers copiés sont impossibles à ouvrir.

Conseil de geek : ne faites jamais aveuglément confiance à la règle 4 (votre ami est souvent votre pire ennemi).

Les différents types de protection

Versionning, synchronisation, sauvegarde et archivage sont dans un bateau…

Versionning

C’est la capacité de conserver automatiquement les états antérieurs de votre document. Pas besoin de naviguer à travers x copies du même fichier, les systèmes de versionning sont intelligents. Vous ne voyez que votre fichier actuel, mais vous pouvez « remonter dans le temps » en ouvrant des versions plus anciennes. ATTENTION, ce n’est pas une sauvegarde en soi (il n’y a pas de copie physique des fichiers sur un autre support), mais c’est pratique pour annuler des changements. Voyez cela comme un CTRL+Z (annuler) géant qui fonctionne sur plusieurs sessions de travail. C’est une protection en temps réel (vous récupérez toujours une version à jour).

Protège Ne protège   pas
De l’effacement accidentel (récupérez la version   précédant l’effacement, qui est donc forcément à jour) De la corruption de données
Des erreurs de manipulation (mauvais   copier/coller suivi d’un enregistrement du fichier) De la panne physique ou logiciel
De la personnalité lunatique de l’auteur, qui ne   sait jamais ce qu’il veut. Des catastrophes environnementales

Synchronisation

C’est l’action de synchroniser en continu vos documents SUR UN AUTRE SUPPORT. (Une synchro locale n’a aucun intérêt). C’est une protection en temps réel (vous récupérez toujours une version à jour).

Protège Ne protège   pas
De la panne physique De la panne logicielle (pas de récupération au   sein d’une même session de travail)
Des catastrophes environnementales (si effectuée   hors site) Des catastrophes environnementales (si effectuée   dans le même site)
Des erreurs de manipulation (mauvais copier/coller   suivi d’un enregistrement du fichier)
De la corruption de données
De l’effacement accidentel

Sauvegarde

C’est l’action de dupliquer vos documents SUR UN AUTRE SUPPORT à intervalles réguliers. (Les copies locales ne peuvent être là que pour des besoins temporaires, ou faire du versionning manuel). C’est une protection différée, dépendante de votre rythme de sauvegarde (vous récupérez une version antérieure avec un delta entre le moment de la dernière copie et de l’incident).

Protège Ne protège   pas
De l’effacement accidentel Des erreurs de manipulation (mauvais   copier/coller suivi d’un enregistrement du fichier)
De la panne physique De la panne logicielle (pas de récupération au   sein d’une même session de travail)
Des catastrophes environnementales (si effectuée   hors site) Des catastrophes environnementales (si effectuée   dans le même site)
De la corruption de données

Archivage

C’est l’action de dupliquer vos sauvegardes DANS UN AUTRE SITE à intervalles réguliers. C’est une protection différée, dépendante de votre rétention (vous récupérez une ancienne version de vos précédentes sauvegardes).

Protège Ne protège   pas
De l’effacement accidentel Des erreurs de manipulation (mauvais   copier/coller suivi d’un enregistrement du fichier)
De la panne physique De la panne logicielle (pas de récupération au   sein d’une même session de travail)
Des catastrophes environnementales
De la corruption de données

Vous l’aurez compris, ces quatre niveaux de protection sont complémentaires en fonction du degré de confort et de sécurité que vous recherchez.

  • Versionning + synchro permettent de palier aux petites bévues du quotidien sans aucune perte de données ;
  • Les sauvegardes vous protègent sur le moyen terme (faites-en par exemple une par semaine sur un cycle de quatre semaines) ;
  • L’archivage vous protège au long terme (faites en un par mois sur un cycle d’un an).

L’exemple de votre serviteur

  • J’utilise la sauvegarde automatique de Word (pour les plantages) ;
  • Tous mes documents sont dans un répertoire DropBox (versionning + synchro hors site) ;
  • Je sauvegarde sur un disque réseau toutes les semaines avec une rétention de 5 semaines ;
  • Je fais une archive à chaque changement de machine (je ne supprime jamais rien, donc toutes mes sauvegardes contiennent la totalité de mes documents depuis mon tout premier ordi).

Le trio sauvegardes automatiques + versionning + synchro HORS SITE couvre 95% des cas de perte de données.

Et vous ? Quelles sont vos stratégies ?

17 janvier 2014

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NaNoWriMo en français, parus ou à paraître

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Le NaNoWriMo peut être la porte ouverte pour de nouvelles aventures littéraires et éditoriales.
Voici la liste des romans francophones écrits pendant NaNoWriMo au cours des dernières années et publiés, que ce soit en édition classique ou indépendante.

2010

  • Entrechats de Cécile Duquenne, Éditions Voy’[el] (NaNoWriMo 2005)

2011

2012

  • Passeurs d’ombre d’Anne Rossi, Numeriklivres (Camp NaNoWriMo 2012)

2013

  • L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau, Éditions du Chat Noir (NaNoWriMo 2010) ;
  • Une démone chez les anges d’Anne Rossi, Éditions Sortilèges (NaNoWriMo 2011) ;
  • Suzy online  d’Anne Rossi, Éditions Les Lucioles (NaNoWriMo 2011) ;
  • Les Épreuves de l’amour de Deirdre Campbell, Éditions Láska (NaNoWriMo 2011) ;
  • L’Agence de Suzanne Vanweddingen, Rryozz Éditions (NaNoWriMo 2011) ;
  • Naturalis de Franck Labat, Éditions Prisma (NaNoWriMo 2011)

2014

  • Lacrimosa d’Alice Scarling , Milady (NaNoWriMo 2012) ;
  • Les Héritiers de Cindy Van Wilder, Gulfstream 2014 (NaNoWriMo 2008) ;
  • Le Dernier Train de Suzanne Vanweddingen, Rryozz Éditions (NaNoWriMo 2005) ;
  • Aujourd’hui ne se termine jamais de Jo Ann von Haff, Éditions L’ivre-Book (NaNoWriMo 2008)
  • Les Yeux de Léon de Jo Ann von Haff, Éditions Láska (NaNoWriMo 2013)
  • Les Femmes qui ont du chien de Marie Hamel (auto-publication)
  • Zombitions d’Aurélie Mendonça, Rebelle Éditions (NaNoWriMo 2013)

2015

  • La Dernière Fée de Bourbon d’Ophélie Bruneau, Éditions du Chat Noir (NaNoWriMo 2013)
  • Tout revivre de Mélody Gornet, Éditions Thierry Magnier (NaNoWriMo 2013)
  • Une bière, des mangas et un sourire charmant de Hope Tiefenbrunner, HQN (Camp NaNoWriMo 2014)
  • L’Opale de feu 2 d’Anne-Cerise Luzy (auto-publication) (NaNoWriMO 2014)
  • La Corrosion des anges de Nathalie Beaux (auto-publication (NaNoWriMo 2013)
  • Rédemption de Bérengère Rousseau, Éditions du Riez (NaNoWriMo 2013)
  • Annabelle 2, Nouvelle leçon de Sara Agnès L., Éditions Milady Romance (NaNoWriMo 2011)

2016

  • Palimpsestes 1 d’Emmanuelle Nuncq, Éditions du Chat Noir (NaNoWriMo 2013)
  • Souffleur de rêves de Bérengère Rousseau, Éditions Livr’S (NaNoWriMo 2012)
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Écrire votre synopsis

Préambule

Ha ! Le fameux synopsis… Ou comment massacrer votre œuvre de huit cents pages bourrée de sous-intrigues, de rebondissements inattendus et de personnages à la psychologie plus fouillée qu’une thèse de Freud,  en une seule malheureuse feuille A4. Moi, j’ai une technique imparable : je n’en fais pas !

Ben oui, c’est définitivement l’outil de prospection que je déteste le plus. Donc à moins qu’il ne me soit explicitement demandé, je ne m’en occupe pas.

Et là vous vous dites : « Il a du culot tout de même, il nous avoue ne jamais faire de synopsis, et en même temps il prétend nous expliquer comment en faire un ! »  Ce en quoi je ne peux pas vous donner tort. Sauf que…

  1. Je n’ai jamais dit jamais. J’ai dit que je n’en faisais que si on me le demandait explicitement.
  2. Autant j’ai pu en faire l’impasse dans la prospection éditoriale de mes romans, autant le synopsis est INCONTOURNABLE dans le monde du scénario que j’ai fréquenté dans une autre vie.
  3. Certes, je n’ai jamais prospecté les éditeurs avec un synopsis, par contre… Une fois édité, on me l’a demandé pour engager d’autres démarches.

Conclusion : je n’en suis (malheureusement) pas à mon premier syno.

Vous l’aurez compris, je n’aime pas les synopsis. Pour moi c’est une corvée, un supplice. D’ailleurs rien qu’à l’idée de faire cet article, j’ai des poussées d’urticaire ! (Faut-il pas que je vous aime…) Du coup, j’ai industrialisé la chose (avec l’aide d’une auteure d’outre-Atlantique dont je ne retrouve plus la source… Susan quelque chose, vers fin 2010 si j’en crois mon fichier doc. Si quelqu’un retrouve la ref, j’ajouterai un lien => référence ici, merci à Crazy!). À défaut de combler mon côté créatif (qu’il faut enterrer pour la rédaction d’un syno), cela satisfait mon côté obsessif compulsif.

Mais au fait, un synopsis, qu’est-ce que c’est ?

C’est :

  • Un résumé de l’intrigue principale de votre roman qui dévoile impérativement la fin.
  • Idéalement un texte d’une page, voire une page et demie maximum (3 000 à 4 500 sec) qui suit la chronologie de votre intrigue (note : il existe le synopsis long, quatre à cinq pages, plus souvent demandé pour la prospection de scénario, mais qui ne fait pas l’objet de cet article).
  • Une écriture simple, factuelle et précise, sans fioriture ni tournure de style alambiquées, mais néanmoins soignée (vous êtes auteur et c’est une vitrine, donc variez le vocabulaire, les liaisons et chassez les lourdeurs. Un synopsis est court, chaque mot doit compter).
  • Un outil par lequel le prospect cherche à savoir si vous savez articuler une histoire, et ce qu’elle vaut.

Ce n’est pas :

  • Un résumé de texte.
  • Une quatrième de couverture.
  • Un pitch.
  • L’endroit où essayer d’attirer votre prospect à lire votre livre en entier en laissant planer le suspense.

Règles d’or

  • Vous devez révéler la fin (c’est pour ça que je déteste les synopsis en tant qu’auteur de thriller, révéler la fin m’est viscéralement très difficile, et pourtant il faut briser la magie du suspense et tout dévoiler dans un synopsis).
  • Même si vous avez une pléthore de personnages, contentez-vous d’en nommer TROIS maximum. Normalement :
    • le protagoniste ;
    • l’antagoniste ;
    • un autre personnage clé (genre le compagnon ou l’intérêt romantique).
    • Référez-vous aux autres personnages par leur titre, leur profession ou leur rôle (le Roi, le policier, l’amant…).
  • N’intégrez pas les sous-intrigues, le synopsis court ne doit vous laisser la place que pour traiter l’intrigue principale (d’où le synopsis long…).

Rédigez votre synopsis en répondant à 11 questions

Si vous n’êtes pas familier avec le vocabulaire et la structure dramaturgique, je vous renvoie à ce lexique et l’illustration suivante avec l’emplacement des événements liés aux 11 questions :

               3actes-syno

(Notez bien que grosso modo, ce que le prospect cherche à savoir à travers votre synopsis, c’est justement ça : voir si vous maîtrisez la structure, et ensuite se faire une idée si le thème l’intéresse).

ATTENTION, l’exercice sera illustré avec La Guerre des étoiles, spoiler complet pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu (c’est possible ça ??).

1. Introduction de l’histoire

Quel est le contexte de l’histoire ? Un passage très court pour mettre dans l’ambiance de l’histoire.

« Il y a très longtemps, dans une galaxie éloignée, un gouvernement autoritaire et sans merci prend un à un le contrôle de tous les systèmes planétaires connus. Son nom : l’Empire. Tous ceux qui s’opposent à son régime sont impitoyablement exterminés. »

2. Introduction du protagoniste

Qui est le personnage principal ? Présentez le protagoniste en une ou deux lignes descriptives (sur sa personnalité, son physique tout le monde s’en fout à ce stade à moins que ce ne soit un point capital de votre histoire). Indiquez ses motivations au début de l’histoire.

« Luke Skywalker, un garçon de ferme naïf et plutôt doué en robotique, rêve de devenir pilote pour pouvoir quitter la planète désertique sur laquelle il habite. »

3. Incident déclencheur

Qu’est-ce qui représente l’incident déclencheur ? Décrivez la situation, l’événement, la décision ou le changement qui va déclencher l’action initiale du protagoniste et le sortir de sa routine. (À ce stade, il peut encore faire marche arrière et retrouver sa petite vie tranquille.)

« Alors qu’il part acquérir deux nouveaux robots pour aider à la ferme, il découvre que l’un d’entre eux recèle le message secret d’une princesse. Elle possède des plans pouvant servir à détruire l’Empire et appelle à l’aide quiconque pourra les livrer à la rébellion sur une planète lointaine. Luke décide de rendre visite à son ami et mentor Ben Kenobi, un vieil ermite, pour lui demander son aide. »

4. Passage premier-deuxième acte

Quel est le premier tournant décisif ? Décrivez la décision ou l’action qui fait que le protagoniste (et l’histoire) bascule complètement. (À ce stade, il n’y a plus de retour en arrière possible.)

« Ben révèle à Luke l’existence des rebelles qui combattent l’Empire, aidés par la mystérieuse « Force » et les chevaliers de l’ordre Jedi. Il lui intime de faire face à Dark Vador, l’homme qui a tué le père de Luke et cherche désormais à l’anéantir. Luke refuse, mais lorsqu’il retourne à la ferme, il ne trouve que des ruines en flammes. Il n’a plus d’autres choix que de joindre la cause de Ben. »

5. Conflits et rencontres

Quelle est la première difficulté à surmonter ? Dans la phase de confrontation, le protagoniste doit surmonter ses premières difficultés (normalement liées à l’antagoniste, il est donc temps de le révéler). Le plus souvent, d’autres personnages interviennent également à ce moment-là.

« Pour quitter leur planète désertique, Ben et Luke font appel à un pilote mercenaire et son co-pilote alien. Luke, Ben et les deux robots quittent leur planète pour rejoindre l’Étoile de la Mort, lieu de résidence de Dark Vador et base principale de l’Empire. »

6. Climax médian

Quel est le climax médian ? Décrivez le rebondissement (et le changement irréversible induit sur le protagoniste), qui tout comme le passage premier-deuxième acte, change complètement la donne.

« À bord de l’Étoile de la Mort, Luke découvre que la princesse y est retenue en otage. Avec les robots et ses nouveaux compagnons, il part à son secours tandis que Ben cherche un moyen de leur permettre de s’évader de la base impériale. »

7. Ça s’arrange, ou pas

Qu’est-ce qui laisse à penser que le protagoniste approche du but, mais foire lamentablement ? Décrivez le rebondissement qui pourrait assurer la victoire du protagoniste, mais se retourne contre lui.

« Après avoir secouru la princesse, Luke et son groupe tentent de s’évader. Ils sont dans l’impasse, et Ben se sacrifie pour leur permettre de fuir. Il est tué par Dark Vador en personne tandis que le groupe décolle à bord de leur vaisseau.  »

8. Dépression

Quel est le moment où le protagoniste est au plus bas ? Expliquez le conflit auquel doit faire face le protagoniste pour continuer de l’avant.

« Luke est dévasté par la mort de Ben. Mais sa détermination à combattre Dark Vador et aider les rebelles dans leur combat n’en est que plus grande. Il s’allie à l’armée rebelle et les aide à mettre au point un plan d’attaque contre l’Étoile de la Mort. »

9. Climax

Quelle est la confrontation finale entre le protagoniste et l’antagoniste ? Décrivez le conflit final.

« L’Étoile de la Mort rejoint l’armada rebelle et l’attaque commence. Luke rejoint un escadron d’assaut. Les rebelles doivent faire face à des pertes colossales, et bientôt, Luke reste l’un des rares pilotes avec un vaisseau encore en état de combattre. Il tente sa chance et lance l’assaut final. Guidé par l’esprit et la voix de Ben, il s’ouvre à la Force et parvient à placer le tir critique qui détruit la base impériale. »

10. Résolution

Quel est le dénouement ? Décrivez le retour à la vie « normale » (ou pas) de vos personnages suite au climax.

« Avec l’Étoile de la Mort détruite et l’Empire en déroute, les rebelles tiennent une grande cérémonie en l’honneur de Luke et ses amis. La princesse leur remet des médailles pour leur bravoure. »

11. Conclusion de l’histoire

Quel est l’état d’esprit final ? Quel que soit le résultat de votre histoire, quelle en est l’ambiance/état d’esprit final (si possible du point de vue du protagoniste).

« Bien que Luke soit toujours attristé par la perte de Ben et de sa famille, il a trouvé sa place parmi les rebelles, et avec eux, il est prêt à continuer le combat contre l’Empire. »

Voilà… Vous prenez vos réponses, vous assemblez, peaufinez un peu le vocabulaire, les répétitions, les liaisons et tutti quanti, et hop, presto : vous avez votre synopsis !

Article du 6 septembre 2013

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Corriger un roman – INTRO

This entry is part 1 of 5 in the series Corriger un roman

correctionsNous avons exploré la phase de conception d’un roman à travers les séries sur la méthode du flocon, la scénarisation et la résultante hybride des deux. Aujourd’hui je vous propose de faire un bond dans le temps et de passer directement à la phase de correction. Cette série se déroulera en quatre articles :

1. Cette intro ;
2. Révision du fond ;
3. Révision de la forme ;
4. La conclusion.

Commençons tout de suite avec une question importante :

Jusqu’où corriger son texte ?

Si vous êtes de ceux qui pensent : « Jamais ! Mon premier jet est final et les correcteurs se chargeront des menus fautes et coquilles pendant que je planche sur mon prochain chef d’œuvre », merci d’être venu, vous pouvez passer votre chemin – et probablement supprimer ce blog de vos favoris. Par contre, si en lisant le titre de cet article vous avez eu une ou plusieurs des réactions suivantes :

  • Kit du chasseur de vampireVous avez levé les yeux au ciel dans un souffle déprimé en laissant retomber vos épaules de deux crans ;
  • Vous n’avez pas pu retenir un petit rictus narquois – car vous venez vous-même de finir vos corrections, hein ? C’est ça ?
  • Vous êtes pris d’une soudaine crise d’urticaire ;
  • Vous avez remis le manuscrit qui trônait fièrement sur votre bureau depuis une semaine, dans son tiroir, sans même l’ouvrir, et êtes parti massacrer la manette de votre console de jeux ;
  • Vous avez fondu en larmes en susurrant « Pourquoi tant de désarroi, ô monde cruel ? Cette tâche, n’en verrai-je point le bout du tunnel ? » – ou plus prosaïquement « putain, j’en peux plus ! »
  • Par pur réflexe, vous avez sorti un crucifix, un pieu et une gousse d’ail – pardon, je voulais dire un Bescherelle, un dico et une gomme.

… alors bienvenue à bord. 😉

Rien ne me ferait plus plaisir que de vous donner LA réponse à cette vaste question « Jusqu’où corriger son texte? » à travers le présent article. Franchement, cela me rassurerait, je n’aurais plus de sueurs froides la nuit, de crises d’angoisse au lever et de coups de déprime durant le trajet au boulot. Malheureusement, en tant qu’auteur, je suis très bien placé pour savoir que les mondes imaginaires ne sont que dans mes écrits. Dans la vraie vie, je n’ai pas la réponse absolue à cet épineux problème qui touche beaucoup d’entre nous.

Je pourrais vous faire des réponses à l’emporte-pièce du type :

Jusqu’où corriger son texte ? Jusqu’à la mort ! => Provocateur et un brin militant, mais pas d’une grande aide – si ce n’est pour le nuage de tags et les statistiques Google.

Plus simplement, je vous dirai qu’il faut le corriger jusqu’à ce qu’il soit « bon ». Oh ! Je sais, ça n’aide pas beaucoup plus. Tout est dans la définition du terme et nous avons sans doute tous notre propre définition d’un bon texte ou d’un mauvais.

Je vous propose donc de laisser la partie subjective de côté, après tout, écrire reste un art et il n’y aura jamais de majorité absolue sur ce qui est bon ou pas dans ce domaine – enfin j’espère, car la pensée unique est un concept qui me fait très peur ! Reste cependant à se pencher sur la partie objective de la chose. En effet, aussi artistique soit l’acte d’écrire, il n’en reste pas moins des règles et techniques de base à respecter (tout comme les peintres avec les mélanges de couleur ou les sculpteurs avec leurs outils différents en fonction des matériaux utilisés).

Dans les prochains articles de cette série, nous passerons donc en revue les points clés à vérifier sur le fond – j’en vois déjà monter sur leurs grands chevaux. Si si, il y a bien des choses « objectives » à vérifier sur le fond. Et sur la forme. Pour illustrer nos propos, nous utiliserons un best-seller français sorti en 2011 chez un grand éditeur. J’en tairai le nom par respect du travail d’écriture, mais pour référence nous utiliserons les informations suivantes :

  • Titre du roman = Le vieil artefact.
  • Auteur = Nikkos Brisant.
  • Éditeur = Mitch Bottom.

 

Première publication le 31 mai 2013

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En papier, en numérique ou sur du papier toilettes : lisez !

Souvent, je tombe sur des « cartes » qui disent J’aime l’odeur des vrais livres. Ou Un livre papier a une âme. Ou encore Rien ne vaut le livre papier et ces pages qu’on tourne. Je tombe aussi, souvent, trop souvent, sur des discussions où un/e intervenant/e est catégorique : Je hais le numérique ! C’est la mort du livre ! Le numérique est une voie de garage ! Cette guerre entre le « vrai livre avec une âme » et le « brouillon numérique par dépit » est lassante en plus d’être totalement ignorante.

Il y a quelques années, j’étais de celles et ceux qui ne voulaient pas troquer le livre papier pour rien. Je regardais les blogueuses littéraires qui troquaient l’encre pour l’e-ink et je me disais « Zeus, comment c’est possible ?! Quelle trahison ! ». Note : je me disais. À aucun moment, je ne suis allée attaquer ces mêmes blogueuses parce qu’elles testaient, à chacun son éducation… Puis, en 2012, ma vie a changé. Je vivais entre deux pays (l’un des deux pays étant loin sous les Tropiques) (Quand on dit Tropiques, on pense de suite aux Caraïbes. Non, camarades, ce ne sont pas ces cocotiers-là.) (En plus, il n’y a pas que des cocotiers, sous les Tropiques, il y a aussi des gratte-ciels modernes, en verre et béton armé dernier cri.) et je n’avais plus mes livres avec moi. J’avais (et j’ai…) une centaine de romans papier qui attendaient patiemment que je me dévoue et leur consacre du temps, mais le temps, je n’en avais pas/plus, et je n’ai pu qu’emmener trois livres dans mon sac à dos en me demandant si je ne faisais pas une erreur. C’est vrai, quoi, de 100+ romans, pourquoi ces trois-là ? Pour la bibliophile que je suis, c’était un crève-cœur. Pendant que j’étais sous le soleil (c’est pour l’image, hein ? Je n’aime pas trop le soleil, au fait.), j’ai terminé mes trois romans et je me suis penchée sur les livres qui étaient à ma disposition, mais aucun n’était en français. (Note pour ceux qui viennent de tomber sur [EC] — Bienvenue, au passage —, je ne suis ni française ni francophone de naissance.) Et j’avais besoin de lire en français, et j’ai eu la panne de lecture de ma vie. Là où j’étais, la poste est inexistante, alors rien que de penser commander un livre en France pour le faire expédier c’était de l’utopie (j’attends toujours une lettre et ça fait deux ans qu’elle a été envoyée…). J’ai lu des manuscrits qu’on m’envoyait en .pdf et c’était pénible, non pas parce que c’était du .pdf, mais parce que je ne pouvais lire que sur mon ordinateur et c’était pas l’idéal. À ce moment-là, j’ai commencé à envisager sérieusement l’achat d’une liseuse. Quand je suis rentrée en France, j’ai sauté le pas et j’ai acheté mon deuxième meilleur ami après l’ordinateur. Pouvoir acheter un livre en un clic et le lire une seconde plus tard, même à l’autre bout du monde, c’était comme un rêve. Après avoir été privée pendant des mois, me revoilà plongée dans la littérature francophone. C’était l’euphorie, je venais de découvrir le chocolat.11044579_805768369460258_4653094017893924861_n

En découvrant le format numérique, mon moi-lectrice était comblé. Restait le moi-écrivain, celui qui ne pouvait pas les soumettre parce que les soumissions papier étaient impossible. Je ne lisais quasiment plus que des e-books, c’était l’idéal pour la nomade digitale que j’étais. Vivre entre deux continents, faire toujours attention à l’excès de bagages et être passionnée de littérature, l’équation est vite faite et le résultat est vite trouvé : le numérique était ma solution. Alors j’ai soumis des romans à des maisons d’édition exclusivement numériques. Ce n’était pas par dépit, c’était un véritable choix qui s’inscrivait dans mon mode de vie. Depuis, j’ai publié cinq livres, un en papier (et j’ai dû attendre un nouveau passage en France pour l’avoir dans les mains, ce qui est vraiment frustrant pour un écrivain) et quatre exclusivement en numérique. Et selon les retours que j’ai eus, j’ai pu faire rire, sourire et pleurer avec mes textes digitaux et ils ont autant d’âme que s’ils avaient été imprimés.

Ce n’est pas le support qui fait le livre. Ce n’est pas le support qui donne l’âme à votre écrit. Ce sont les mots. Et les mots n’ont pas besoin de papier pour vivre. On peut être ému quand on entend un conteur, quand on écoute une musique, quand on voit un film. À aucun moment, le support n’a été la raison pour laquelle vous avez ri, souri, pleuré, ou/et réfléchi.  À aucun moment, le papier n’a été la raison pour laquelle une histoire est devenue vivante. L’imagination n’a pas besoin de papier et d’encre, elle a juste besoin d’expression. Un tableau. Une sculpture. Ou pas. La paréidolie joue de vos sens, vous raconte quelque chose. Vous avez le droit de ne pas aimer le numérique. Vous avez le droit d’adorer l’objet livre. Je suis un auteur numérique et je ne hais pas le papier, je ne le renie pas. Les deux formats peuvent vivre ensemble (trois formats, d’ailleurs, avec le livre audio !). C’est clairement plus facile de faire dédicacer un livre papier (même si dédicacer un e-book est tout à fait possible). C’est beau, ces étagères qui croulent sous les livres, ces couvertures dans les rayons d’une librairie. Mais avoir ma bibliothèque, de 100+ livres dans un objet fin comme un passeport, avoir accès à toutes mes lectures à l’autre bout du monde sans passer par le dilemme du livre à emporter… Quel pied !

Les gens, vous aimez lire. Alors lisez. Papier. Liseuse. Papier toilettes. Boîte de céréales. Notices. Peu importe. Lisez. Vous n’avez pas eu besoin de papier pour imaginer, vous avez besoin de mots. Alors voyagez avec les mots et les histoires qu’on vous raconte. Le support, franchement, n’est qu’un détail.

Bonnes vacances et bonnes lectures. 🙂

Jo Ann von Haff.

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