Un peu de théorie entre guillemets

This entry is part 3 of 6 in the series Cahier de vacances

Après mon petit exposé sur les tirets, voici sa suite logique, à savoir les guillemets. Je ne vais pas m’étendre sur la présentation des dialogues, Jo Ann l’a fait très clairement dans son article, mais je me suis dit qu’un peu de terminologie pourrait être utile à certains.

En effet, on entend souvent parler de guillemets français, guillemets droits, guillemets anglais, guillemets allemands, guillemets simples, guillemets doubles… Au final, tout cela peut paraître un peu confus.

Les guillemets français, ou chevrons :

Ce sont ceux que vous connaissez logiquement tous. On distingue le guillemet ouvrant : « et le guillemet fermant : ».

Le guillemet ouvrant est suivi d’une espace insécable, le guillemet fermant est précédé d’une espace insécable.

«^sla citation ou le mot ou le bout de dialogue^s»

Ils sont utilisés pour les dialogues, mais également pour mettre en avant un mot, une expression, pour marquer un changement de registre, pour l’utilisation d’un mot d’origine étrangère, un écart orthographique, un néologisme, de l’ironie… Ils sont aussi utilisés pour les citations, ou pour le récit dans le récit, ce qui nous amène au point suivant.

Les guillemets anglais, ou guillemets droits, ou doubles apostrophes :

On les voit souvent aussi, sous deux formes différentes. Les guillemets anglais à proprement parler, et , ont un sens. Comme en français, il y a le guillemet ouvrant : “ et le guillemet fermant : ”. Bien souvent, ils sont remplacés par des guillemets droits, qui leur ressemblent beaucoup mais sont interchangeables : «  et « .

L’usage des espaces entre les guillemets anglais est moins fixé qu’avec les guillemets français. Certains conseillent une espace insécable au sein des guillemets, comme pour les guillemets français, d’autres les utilisent sans espace.

^sl’usage préconisé par Grevisse^s

“l’usage plus fréquemment observé”

Les guillemets anglais sont utilisés pour la citation dans la citation (ou citation de deuxième rang). Ou la citation dans le dialogue. Ou les guillemets dans le dialogue. Pour faire simple, si vous avez déjà du texte entre guillemets, tout ce que vous mettriez normalement entre des guillemets français se retrouvera entre des guillemets anglais.

« Et là, je t’explique, elle a eu le culot de me dire : “ton article n’est pas assez clair”. Non mais j’te jure. »

Et que faire quand il s’agit d’une citation dans une citation dans une citation ? Nous y venons…

Les guillemets allemands, ou guillemets simples, ou simples apostrophes :

On les rencontre plus rarement. Les guillemets allemands ont eux aussi un sens : et . Souvent, on utilise simplement une apostrophe. Là aussi, l’usage des espaces entre les guillemets allemands est plus flottant.

Les guillemets allemands sont utilisés pour les citations de troisième rang. Donc une citation dans une citation dans une citation.

Pour résumer :

Premier rang : « et ».
Deuxième rang : “ et ”.

Troisième rang : ‘ et ’.

Dans une citation : « Et là, elle me dit : “Mêlez-vous de ce qui vous regarde, ou il pourrait vous arriver des ‘bricoles’”. Comme vous pouvez le voir, je suis toujours aussi peu douée pour les exemples. »

Maintenant que vous savez (presque) tout sur les guillemets…

Imaginons que vous ayez un dialogue qui s’étende sur plusieurs pages. Le genre de dialogue-récit, où pour des raisons de lisibilité, vous avez besoin de revenir à la ligne.

Présentation classique :

« Vous ouvrez vos guillemets français, comme d’habitude, mais que se passe-t-il si vous voulez revenir à la ligne sans changer d’interlocuteur ?
» Eh bien il se passe ceci, vous ouvrez votre ligne avec un guillemet fermant. Il se pourrait un jour qu’un maquettiste vienne vous hurler dessus en vous demandant ce que c’est que ces guillemets fermants en début de ligne, mais c’est bel et bien l’usage. Maintenant, certains auteurs utilisent des guillemets ouvrants en début de ligne, ce qui n’est pas forcément plus logique ou moins logique que des guillemets fermants.
» Évidemment, il ne faut pas oublier de refermer ses guillemets à la fin de son bout de dialogue.
— Sauf si bien sûr on change d’interlocuteur, auquel cas les guillemets se referment à la fin du dialogue. »

Présentation moderne :

Et maintenant, qu’en est-il de la présentation moderne ? Eh bien c’est tout simple, c’est pareil, mais sans les guillemets ouvrants et fermants de début et fin de dialogue.

— Donc, vous avez votre bout de dialogue qui commence comme ça, et pour une raison qui vous est propre, vous avez envie de revenir à la ligne en plein milieu. Soit.
» Comme pour la présentation classique, on ouvre par un guillemet fermant.
» Et chaque retour à la ligne se fait avec un guillemet fermant.
— Par contre, le passage au second interlocuteur se fait avec un tiret, MAIS aucun guillemet fermant ne vient clore le dialogue.

Puisque vous les attendiez tous (j’imagine), les codes !!!

Les codes :

Différents types de guillemets

Guillemets français :

« est obtenu, sur PC, par la combinaison de touches alt+0171 (pavé numérique)
« est obtenu, sur mac en clavier français (AZERTY), par ⌥ (touche option ou alt)+7
« est obtenu, sur mac en clavier suisse (QWERTZ), par ⌥+virgule

» est obtenu, sur PC, par la combinaison de touches alt+0187
» est obtenu, sur mac en clavier français, par ⌥+maj+7
» est obtenu, sur mac en clavier suisse, par ⌥+maj+virgule

Guillemets anglais :

“ est obtenu, sur PC, par alt+0147
“ est obtenu, sur mac clavier français, par ⌥+3
“ est obtenu, sur mac clavier suisse, par ⌥+2

” est obtenu, sur PC, par alt+0148
” est obtenu, sur mac clavier français, par ⌥+maj+3
” est obtenu, sur mac clavier suisse, par ⌥+maj+2

Guillemets allemands :

‘ est obtenu, sur PC, par alt+0145
‘ est obtenu, sur mac clavier français, par ⌥+4
‘ est obtenu, sur mac clavier suisse, par ⌥+¨

’ est obtenu, sur PC, par alt+0146
’ est obtenu, sur mac clavier français, par ⌥+maj+4
’ est obtenu, sur mac clavier suisse, par ⌥+maj+¨

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La sélection d’été de Samantha Bailly

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Samantha Bailly est navigue entre littérature blanche et noire, entre fantasy et fantastique. Elle est l’auteur du primé Oraisons, réédité en 2013 par Bragelonne et Ce qui nous lie, chez Milady (2013).

43062_ProieIdealeCV.inddProie idéale de Charlotte Bousquet, aux Éditions Rageot.
Peu importe les genres et les cases, Charlotte Bousquet frappe encore une fois juste avec ce thriller haletant et moderne. Des personnages féminins forts et une prose engagée.

En regagnant leur foyer pour adolescents en difficulté, Ljuba et Cam découvrent que leur amie Morgane a disparu. Elles refusent d’abord d’orienter les éducateurs et les policiers pour enquêter seules. Morgane devait rencontrer un photographe pour réaliser un book afin de devenir top model. Ljuba et Cam comprennent vite que Morgane s’est laissé entraîner par un individu peu scrupuleux. Un agent des services secrets qui traque un réseau mafieux confirme leurs craintes. Elles décident alors d’intervenir… à leurs risques et périls.

elliot-c1-BdElliot du néant de David Calvo, aux éditions La Volte
Un roman qui donne le sentiment de palper l’invisible. De l’absurde, oui, mais de la poésie surtout, une profondeur rare et précieuse. David Clavo empoigne l’insaisissable.

Islande, 1986. Un hiver sans soleil. Une île au bord de l’implosion volcanique. Un monde sans Internet, sans téléphones portables, à l’aube d’une nouvelle ère digitale. Dans une petite école d’Hafnafjordur, entre une falaise réputée féerique et des champs de lave hantés par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. Où est passé Elliot, le vieux concierge autiste, à la veille d’une dernière kermesse ? Comment a-t’il réussi à quitter une chambre sans fenêtres, fermée de l’intérieur ?

juneLe Souffle – June 1 de Manon Fargetton, aux éditions Mango
Une plume fluide et efficace, de la littérature jeunesse comme je l’aime : fraîche, intelligente et sans tabous. Un très bon moment !

— Tu peux partir, June, tu peux refuser d’apprendre à te servir du Souffle. Mais c’est ton héritage. Cela te rattrapera toujours.
— Mon héritage ? Et si je n’en veux pas, moi, de cet héritage ?
Il y a encore quelques mois, ma vie était simple. Mais depuis que j’ai découvert ce pouvoir qui pulse en moi, tout a basculé. On me dit que je suis la dernière héritière des Sylphes, et que je suis la seule à pouvoir rétablir l’harmonie dans le monde. Une quête dangereuse m’attend, vers des terres dont je n’ai jamais soupçonné l’existence…

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Éditions du Riez

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[Espaces Comprises] Pouvez-vous raconter la naissance des Éditions du Riez ?

Alexis Lorens : Nous sommes une petite structure éditoriale créée en juin 2009.

[EC] Quelle est votre ligne éditoriale, quel est votre public ?

Nous publions nos livres à travers 5 collections : Sentiers Obscurs (polars, thrillers) ; Graffics (Bande-dessinée, artbooks, romans graphiques) ; Brumes Étranges (SF, Fantastique, Heroïc Fantasy) ; Pages Solidaires (Littérature Engagée) ; Vagues Celtiques (Culture bretonne ou celtique).

thumbnail-covers-memoriesNous avons 30 parutions à ce jour, et je pense que le lecteur peut dire que nos choix éditoriaux sont très éclectiques. Car même si notre collection « phare » est celle de l’imaginaire, on y retrouvera du Space-Op, de la Fantasy, de l’Urban Fantasy, du Post Apocalyptique, du thriller SF, des anthologies, des recueils de nouvelles, du polar… De même qu’avec notre collection graphique, nous essayons de publier des livres très différents : romans graphiques (Memories Of Retrocity), contes gothiques (Cœur Empoisonné), BD doublée d’un album musical (Le Pantin sans Visage).

Tout cela pour dire que presque toutes nos parutions sont des coups de cœur éditoriaux et que nous ne souhaitons pas obligatoirement coller aux « modes ».

[EC] Quels sont les formats disponibles ?

Nos formats papiers sont variés, moyen format / grand format et depuis peu format poche, ainsi que des formats « beau livre » pour la collection Graffics.

La plupart de nos livres sont également disponibles en version numérique.

[EC] Comment se déroule la soumission ?

Pour le moment, les soumissions sont fermées jusqu’à la fin de l’année. Nous recevions jusqu’à 300 manuscrits par an pour au final très peu d’élus.

Nous n’acceptons que les manuscrits envoyés par mail, par souci de rapidité, d’économie… et de place ! Sinon, les conseils à donner lors de la soumission seraient de respecter scrupuleusement les consignes de soumission et la ligne éditoriale de l’éditeur. De présenter un manuscrit abouti ; si vous avez le moindre doute sur la qualité de votre roman, ne l’envoyez pas et retravaillez-le.

[EC] Comment choisissez-vous un roman ? Qu’est-ce qui vous rebute dans un manuscrit ?

Après réception du manuscrit, j’effectue une première sélection, je lis les premières pages. C’est à ce moment-là que l’on découvre l’écriture de l’auteur. On se rend rapidement compte si c’est publiable ou non et cela répond à la seconde partie de la question. (Des fautes d’orthographe à foison, de grammaire, des phrases mal tournées et incompréhensibles, une langue au final mal maîtrisée.)

De même, nous regardons le thème abordé. Depuis quelques mois, nous demandons de joindre un synopsis lors de la soumission. Il nous permet déjà de nous faire une première idée, car nous nous sommes aperçus que de nombreux jeunes auteurs collaient trop aux « modes » : aventures de jeunes sorciers, bit-lit, romance, trilogie fantasy. Je schématise, mais plus de la moitié des romans de fantasy que nous recevons sont des premiers tomes de trilogie ! Cela ne veut pas dire que nous n’allons pas les lire, mais obligatoirement, nous serons encore plus exigeants sur le style employé.

Passé cette étape, il est envoyé aux membres du comité de lecture (2 personnes par manuscrit). Un comité très diversifié composé d’auteurs, d’étudiants, de libraires, ou de lecteurs tout simplement.

Si après lecture les deux avis (via fiche de lecture argumentée) sont positifs, je vais lire le manuscrit dans son intégralité et décider de sa publication. Commencera alors le travail éditorial avec l’auteur…

[EC] Quel a été le dernier coup de cœur ?

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Toutes nos publications sont des coups de cœur !

[EC] Quelle a été votre meilleure vente ?

À ce jour, c’est le concept BD/CD Le Pantin Sans Visage d’Aalehx qui s’est le mieux vendu avec plus de 1 200 exemplaires. Deux autres titres ont également dépassé les 1 000 exemplaires : Au Sortir de l’Ombre de Syven et La Loi du Désert de Franck Ferric.

[EC] Quelles sont vos actualités ?

Nous avons profité des Imaginales pour publier 4 nouveautés, encore une fois dans des domaines bien différents : Destination Mars, une anthologie SF dirigée par Marc Bailly, Cœurs de Loups, un recueil de nouvelles co-dirigé par Charlotte Bousquet & Valérie Lawson dont nous reverserons une partie des droits à l’association FERUS (protection du loup) ; Tahnee-Sharn, le troisième volet du cycle Fantasy La Pierre d’Arkem de Valérie Simon et de l’urban-fantasy avec Mutante, le premier tome de la trilogie Le Sang des Chimères de Sophie Dabat.

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Nos prochaines parutions sont prévues à l’automne avec notamment l’artbook/BD Mademoiselle Rose de Natalia Pierandrei & Estelle Valls de Gomis, Errante de Sophie Dabat (tome 2), Morwen de Valérie Simon (tome 4). Le programme 2014 est déjà bien étoffé également !

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La sélection d’été d’Anne Rossi

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Anne Rossi est un écrivain tout terrain, écrivain pour jeunes et moins jeunes, dans les genres les plus variés. Elle est l’auteur des séries Passeurs d’Ombre chez Numériklivres (2012) et Chronique d’un amour fou aux Éditions Láska (2013), entre autres. Beaucoup d’autres.

thumb-toxicSi vous êtes fans de thriller, de SF ou de films d’action :
Lisez Toxic, la série de Stéphane Desienne aux éditions Walrus.
Même moi qui suis d’habitude allergique aux zombies, je me suis laissée prendre à cette aventure haletante entre virus, extraterrestres et boat-movie !

(Résumé du premier épisode)
Si seulement les morts-vivants avaient été le seul problème de l’humanité…
La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévasteur a d’abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace… à condition qu’ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n’ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l’exportation pour ses clients.
Mais avant d’amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d’approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d’humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d’elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l’armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealier colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste— dont personne ne sait rien.
Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

AnimaecouvSi vous êtes fans d’urban fantasy, d’espionnage et de métamorphes :
Lisez Animae, la série de Roxane Dambre aux éditions de l’Épée.
Je craque pour Lou, la panthère métamorphe, son espion amoureux et les personnages déjantés qui les entourent.

(Résumé du premier tome)
« Je m’appelle Lou, j’ai 20 ans, et dans quelques heures, je vais m’installer dans les bureaux de la DCRI, les services secrets français.
Mon job ? Officiellement, consultante au département de recherche sur l’inexplicable. Officiellement. Parce qu’en réalité, je traque une bizarrerie qui rôde dans la nuit parisienne, un truc que je n’ai pas encore cerné, mais qui fait hurler de rage mon instinct de panthère.
Oh, je ne vous ai pas dit ? Comme tous ceux de ma race, ma vraie nature est animale, et je me transforme à volonté. Nous, les Daïerwolfs, formons un peuple très puissant, mais contraint à se cacher des faibles humains. Enfin, faibles… pas tous. L’officier qui m’a recrutée, le capitaine Sylvain Levif, pourrait me vaincre d’un seul regard tant il me plaît ! À cette heure, je n’ai pas encore décidé si cela va rendre ma mission plus agréable ou plus compliquée. Ou les deux. Et zut. Pourquoi ces choses-là n’arrivent-elles qu’à moi ? »

EssaiSi vous êtes fans de pirates (what else?) et d’aventures maritimes :
Lisez Flibustière ! et sa suite Forban de Johan Heliot aux éditions L’Atalante.
Parce que Alexia et son petit frère ont du caractère à revendre, que les livres sont super bien documentés sur l’époque, que les pirates c’est le Bien et que Johan Heliot, c’est le Bien aussi (vous pouvez lire tous ses autres bouquins).

1797 Aristide Dumas embarque à La Rochelle avec sa femme et sa fille à destination des Caraïbes. Peu avant leur arrivée, sa femme meurt en mettant au monde un garçon, et leur navire, La Destinée, est abordé par un corsaire. Le destin d’Alexia est scellé. À douze ans, déguisée en garçon, elle rejoint la communauté des frères Lafitte, célèbres flibustiers établis à l’embouchure du Mississipi, pour garantir sa survie et celle de son jeune frère…
Dès lors elle sillonnera le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes pour faire sortir son père de prison, libérer le corsaire Logan des griffes de l’affreux Bonnafé et se lancer dans la flibuste à son compte.
De batailles en trahisons, voici le premier livre des aventures d’Alexia Dumas, flibustière, une héroïne prise dans la tourmente de la colonisation en Amérique, avec en fil rouge le combat pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation par tous les moyens.

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Les nouveaux modes d’édition : Éditions Láska

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[Espaces Comprises] a décidé de s’intéresser à ceux qui voient l’édition française/francophone sous un nouveau jour. Pour cela, nous laissons la parole à ces éditeurs qui tentent de changer les choses à leur niveau. Une série d’interviews qui s’enrichira sur la durée, à mesure que nous rencontrerons de nouveaux concepts. Nous commençons cette semaine avec les Éditions Láska.

 

jeanne[Espaces Comprises] Pourrais-tu te présenter, ainsi que la maison d’édition ?

Jeanne Corvellec : Je m’appelle Jeanne Corvellec, je réside à Montréal (Québec), et j’ai fondé en avril 2012 les Éditions Láska. À part mes propres projets en solitaire et la fondation d’un petit journal étudiant à l’université, je n’avais aucune expérience du monde de l’édition. Ma démarche est comparable à celle de l’auto-édition et j’avais même à l’origine envisagé de créer une structure plus orientée vers l’auto-gestion d’auteurs, la coopération. J’ai fini par me rabattre sur une entreprise individuelle, car cela me semblait le plus simple pour se lancer. Au fond, j’étais la seule personne de ma connaissance qui avait cette envie : se lancer dans l’édition de romances en français.

[EC] Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’édition ?

Paradoxalement, le fait même de me sentir isolée. Les choses ont beaucoup changé en un an, mais à l’époque, de ce que je savais, aucun éditeur déjà installé n’avait l’intention de publier de la romance en français. Certains prétendaient le faire, ou quelque chose d’approchant, mais je ne me retrouvais pas du tout dans leur style. Bien sûr, maintenant que je suis « de l’autre côté », je réalise que le problème est profond, qu’il vient de toute notre culture de l’écrit. C’est un sacré chantier !

laska[EC] Pourrais-tu expliquer le concept de ta maison d’édition et ce qui t’en a donné l’idée ?

Eh bien, d’un autre côté, je me rendais compte que je n’étais personne, que les auteurs que je publierais seraient sans doute tout aussi inconnus et je ne disposais à priori d’aucune fortune qui aurait pu m’acheter de la visibilité. Et pour couronner le tout, évidemment, je m’attelais à créer un marché qui n’existait pas – ou si peu. Nous allions sûrement faire de toutes petites ventes, du moins pour commencer. Je me suis donc demandé comment essayer de tirer le maximum d’une situation pareille. C’est comme ça que j’en suis venue à notre système d’abonnement.

Comme un abonnement à un journal ou un magazine, le tarif dégressif encourage les lecteurs à nous rester fidèles. Ainsi, un abonnement de 12 mois, par exemple, coûte seulement 74,99 $ (environ 56,50 €). Cela représente environ 4,50 € mensuels, pour deux à trois publications inédites par mois, plus toutes les parutions précédentes encore disponibles.

L’autre aspect intéressant de cette formule, c’est qu’elle permet aux lecteurs de nous juger sur autant de livres qu’ils le souhaitent sans pour autant débourser l’équivalent du prix de tous ces livres. Si j’en crois les tarifs pratiqués par nombre de mes concurrents, 8,99 $ est le prix standard d’un seul roman. Or c’est aussi le prix d’un mois d’abonnement chez nous, qui donne droit, comme je l’ai dit plus tôt, non seulement aux nouveautés du mois, mais à toutes nos anciennes parutions.

Je suis la première à juger les nouveaux auteurs et éditeurs sur une seule impression. Si l’histoire me déçoit, si la qualité de l’édition n’est pas au rendez-vous, comment savoir s’il s’agit d’un accident ou d’une différence de points de vue irréconciliable ? Rationnellement, je sais que tout le monde se rate au moins une fois dans sa carrière. Mais lorsqu’on paie pour quelque chose qui ne tient pas ses promesses, il est difficile de ne pas se sentir échaudé.

[EC] Qu’est-ce que cela change pour les divers acteurs du livre (les auteurs mais aussi les correcteurs, les illustrateurs, etc.) ?

Cela fait que j’arrive à tirer de petits revenus pour les auteurs où, en pratiquant la seule vente dite « au détail », ils devraient se contenter de véritables miettes. Du moins, c’est ce qui semble se dégager de l’expérience des premiers mois. Nous verrons bien par la suite si le verdict se confirme.

Du côté des correcteurs et des illustrateurs, la chose est différente. La plupart ont été embauchés (en free-lance) avant notre lancement, à une époque où je manquais énormément de temps et de l’organisation nécessaire pour tout faire moi-même. Or cela fait partie des choses que je suis en train de repenser complètement au vu de mon expérience. Cela dit, je ne crois pas que notre système d’abonnement ait une influence là-dessus. Au contraire, je me dirige de plus en plus vers un fonctionnement qu’on pourrait dire traditionnel.

[EC] Comment ce nouveau concept est-il accueilli par les auteurs ?

Bien ? Pour être honnête, cela n’a pas été un gros sujet de discussion entre nous jusqu’à présent. La plupart de mes auteurs n’ont jamais été édités, ou bien seulement une ou deux fois récemment, et n’ont donc pas de point de comparaison. Ou bien, comme moi, je crois qu’ils attendent de voir ce que cela donnera.

Ce que je peux vous dire, c’est que ni l’abonnement ni la façon dont je calcule les revenus des auteurs à ce niveau n’ont fait fuir d’auteur potentiel jusqu’ici. Certains auteurs se désintéressent lorsque je confirme que je fais du numérique, ou de la romance ; certaines négociations de contrat ont échoué pour des questions de durée de la licence (5 ans) ou de sensibilités artistiques divergentes. Mais pas à cause des modalités de vente.

[EC] Par les lecteurs ?

Plutôt bien également. Même si j’aimerais (évidemment) que nous ayons encore plus de succès, je pense que nous sommes très loin du désastre. Étant donné la nouveauté et l’étrangeté du concept, nous avons un nombre honnête d’abonnés. Mais surtout, il faut le comparer au nombre de gens qui achètent nos livres à l’unité…

Il est certain que, lorsque nos ebooks n’étaient encore disponible que via l’abonnement, une ou deux personnes ont fait savoir leur réticence et leur désir de voir nos titres vendus « traditionnellement ». C’est désormais le cas. Les lecteurs se sont-ils rués sur nos titres pour autant ? Non, pas du tout. S’il y a un « désastre », il est là. Il semble que les lecteurs qui étaient intéressés par nos titres se sont abonnés, comme cela était prévu. Les personnes qui ne se sont pas abonnées n’attendaient pas la mise en vente traditionnelle (pour 99 %, du moins) ; elles n’étaient simplement pas intéressées.

Bien sûr, cela n’est pas un jugement final. Il y a des leçons à tirer de cela et rien ne doit être figé. Mais ce qui est clair, c’est que si les lecteurs ont un problème vis-à-vis de nous, il n’est pas non plus du côté de notre système d’abonnement !

[EC] Quelles ont été les plus grosses difficultés que tu as rencontrées lors de la création de ta maison d’édition ?

Au départ, j’avoue que le côté légal et administratif m’a causé pas mal de fil à retordre. Je n’y connaissais pas grand-chose et je voulais être sûre de respecter toutes les lois.

Ensuite, il y a eu la partie informatique. Nous vendons des ebooks sur le web, notre abonnement passe par notre site Internet, je ne pouvais pas y couper. J’avais l’habitude de dire que j’étais une bille en informatique, mais j’ai bien dû apprendre… Par chance, l’une de mes auteures fait des sites web dans le cadre de son métier et elle m’a donné un sacré coup de pouce en lançant le nôtre.

Enfin, je peux mentionner une difficulté qui m’est propre : je suis quelqu’un de très désorganisé, peu discipliné. Or, en raison de la petite taille de Láska, je suis évidemment en charge d’à peu près tout et cela demande énormément de coordination entre mes différentes tâches. Il a fallu un certain temps avant que je trouve le bon rythme, d’autant que j’ai commencé par jongler entre cette activité et mes études.

[EC] Quelles solutions as-tu trouvées, et où ?

Pour la première – j’étais encore étudiante à l’époque –, je suis allée voir un conseiller en entrepreneuriat de mon université. J’ai également trouvé énormément d’informations sur le web, notamment sur les sites gouvernementaux. C’est rébarbatif, mais quand on n’a pas le choix, on doit s’y mettre.

C’est la même chose pour l’informatique. J’ai bénéficié de l’aide de cette auteure, ainsi que, ponctuellement, de l’avis de mon conjoint, qui est programmeur-développeur de métier. Cependant, je n’utilise en réalité que des outils qui sont conçus pour les personnes comme moi, qui n’ont pas de formation approfondie en informatique. De nos jours, il faut reconnaître que les possibilités sont énormes, entre le développement des outils « libres » (open source) comme WordPress et l’infinité de tutoriels en tout genre que l’on déniche sur le web. Ensuite, comme pour tout, on apprend sur le tas, en essayant, en faisant des erreurs, en essayant à nouveau.

[EC] Le mot de la fin ?

Nous sommes encore au début de l’aventure et il y a tant à apprendre ! Le marché de la romance et le marché du numérique sont deux phénomènes en pleine évolution dans l’édition francophone. C’est très enthousiasmant pour moi d’en faire partie et d’y contribuer, à mon modeste niveau.

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