Méthodes

La méthode dite « du flocon » expliquée et illustrée – Étape 8

L’étape 8 – Créer des fiches de personnages (1j/personnage)

Vous y êtes ! Si, si, je vous assure. Le synopsis fut une épreuve ? C’est normal. Mine de rien, il force à mettre tout en place. Vous avez dû faire des choix, commencer à vraiment visualiser votre récit, en comprendre la mécanique intrinsèque… Cela peut être douloureux et sembler long quand on aurait déjà pu noircir plusieurs dizaines de pages… Mais vous l’avez fait ! Alors maintenant, en récompense : quartier libre ! Faites-vous plaisir, détaillez vos personnages autant que vous le voulez. N’oubliez pas qu’ils sont le moteur du récit. Sans eux, sans leur progression, il n’y a pas d’histoire. Et sans leur profondeur, votre récit n’aura pas d’âme. Ne lésinez pas, votre imagination est la seule limite. Vous devez les connaître, les sentir, savoir comment ils parlent, ressentent, bougent. Oui, je l’avoue, c’est une de mes étapes préférées. Que voulez-vous ? Sans doute une petite madeleine de Proust pour l’ancien joueur de jeux de rôles que je suis…

Reprenez les descriptions de vos personnages de l’étape 4 et formalisez le tout en une véritable fiche signalétique (cela peut être une simple liste, un tableau, une vraie fiche de produit… La mise en page est entièrement selon vos goûts, du moment que vous y retrouvez vos petits). Elle vous servira de référence tout au long de l’écriture, bien sûr, mais c’est surtout un prétexte pour développer leur propre personnalité. Voici quelques indicateurs des points les plus classiques, mais tous détails que vous jugez nécessaires peuvent bien entendu y être ajoutés. Cette liste n’est qu’indicative :

Les classiques

Son histoire

Divers

  • Nom/Prénom/Surnom
  • Nom de famille/de jeune fille
  • Date/Lieu de naissance
  • Sexe/orientation sexuelle
  • Description physique
  • Professions/Hobbies
  • Qualité/défauts
  • Personnalité
  • Généalogie
  • Biographie
  • Épiphanie
  • Motivations/buts
  • Son passé/son futur
  • Généalogie
  • Biographie
  • Épiphanie
  • Motivations/buts
  • Son passé/son futur

 

  • Animaux de compagnie
  • Possessions
  • Maladies/handicaps
  • Lieu de résidence
  • Phobies
  • Couleur préférée
  • Orientation politique/religieuse/sexuelle
  • Habillement
  • Tics

 

Exemple

La fiche de Kevin Craft, notre héros du moment :

Nom (surnom) :

Kevin Craft (Kev)

État civil :

Date de naissance :        12/05/1975         Sexe :   M           Statut marital : Marié sans enfant

Description physique :

1m75 / 75 kg, brun, cheveux courts en épis jamais coiffés, yeux noisette, pas très athlétique, mais pas d’embonpoint notoire. Visage imberbe, pas de lunettes. Toujours habillé de la même manière puisque, pour simplifier sa garde-robe et les permutations de vêtements, il n’a depuis, sa jeunesse, que des vêtements identiques en plusieurs exemplaires : Dockers gris anthracite, T-shirt noir, chaussettes et chaussures de sport blanches.

Description de la personnalité :

Trouble de la personnalité Asperger / Évitante / Obsessive-compulsive. Introverti, pas particulièrement timide, vit dans son monde, pas de sens classique des pointeurs sociaux, nombreux TOC. Obsédé par son travail, aucune empathie, à part quelques bribes envers sa femme acquises au fil de leur longue relation. Il est accroc aux bagels au chocolat.

Profession :

Chercheur. Son éducation s’est faite en partie par correspondance et en autodidacte. Il possède toutefois deux doctorats en bonne et due forme : en mathématique et en physique appliquée.

Hobbies :

Micro-informatique, plus par obligation dans ses travaux que par réelle passion.

Possessions :

Un brevet déposé pour un obscur procédé de raffinement du graphène lui assure des revenus en provenance des différents laboratoires et industries en faisant usage. Sans être riches, lui et sa femme vivent confortablement et sont propriétaires d’un appartement en terrasse dans un ensemble d’immeubles cossus. Il ne sait pas conduire et ne possède pas d’automobile.

Histoire/biographie :

Deuxième enfant arrivé sur le tard d’un couple d’agents en assurance, Kevin a très tôt montré des signes d’inaptitudes à la vie sociale. Enfant surdoué, ses notes n’en étaient pas moins catastrophiques en raison de son comportement et non-respect des devoirs et autres formes de contrôle. Ses parents le considèrent longtemps comme un attardé et agissent en ce sens en le plaçant dans une école spécialisée jusqu’à l’âge de 7 ans. C’est en fait sa sœur de dix ans son aînée qui détecte le prodige lorsque ce dernier assimile ses cours du lycée et l’aide à résoudre ses problèmes de mathématiques. Il est alors envoyé en internat à l’autre bout du pays dans un centre spécialisé pour les surdoués, mais là encore, ses comportements sociaux sont un frein à son intégration. Par chance, l’une des enseignantes se dévoue à son cas et renforce un suivi psychologique. Délaissé par ses propres parents, il passe de plus en plus de temps avec son enseignante et sa fille de deux ans son aînée. Cette dernière est la seule qui semble peu à peu percer sa cuirasse et il lui devient rapidement attaché. Ils ne se quitteront plus,suivront un cursus commun en physique dans une université classique où sa future femme met tout en œuvre pour qu’il puisse s’intégrer. Parallèlement, il complète ses études par un cursus mathématique indépendant.

Son père décède en 1996 d’un infarctus, suivi en 2001 par sa mère des suites d’un cancer. Il laisse la succession à sa sœur qui retourne s’installer dans la maison familiale avec son mari et ses deux enfants de 6 et 3 ans.

Il se marie en 2003 lors d’un congrès à Las Vegas, à la plus grande surprise de sa femme. La demande est empreinte d’une logique froide et implacable derrière laquelle elle seule peut déceler l’émoi et les sentiments de son mari. C’est en réfléchissant sur le cheminement les ayant amenés ensemble qu’il se lance dans ses recherches sur la probabilité et songe à en deviser un algorithme couplé à une modélisation informatique d’un environnement donné. Il travaille depuis à concrétiser ses idées théoriques avec l’aide de sa femme et le support de l’ONU qui finance leurs recherches.

Motivation (abstrait) :

Global = Percer les mystères du hasard, modéliser la « destinée ». Storyline = Sauver sa femme.

Besoin (concret) :

Global = Sa femme dont il est totalement dépendant. Storyline = Briser les barrières du temps.

Conflit(s) :

Il est aveuglé par sa tâche, ce qui lui fait prendre des décisions dangereuses (bafouer les protocoles de l’ONU, ignorer les lois sur la vie privée, expérimenter sur lui-même…)

Il est sociopathe (pas au sens « tueur en série » du terme, mais au sens littéral d’inaptitude à l’intégration sociale). Sa femme était la seule personne lui permettant de fonctionner correctement en société. Livré à lui-même, ses repères sont faussés.

Épiphanie :

Il parvient à remonter dans le temps, mais réalise que le destin n’est pas de ces pages que l’on peut réécrire ni « modéliser ».

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